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C'est
du continent américain que se trouve être originaire
l'Eohippus, ancêtre de tous les équidés, qui
y vivait voici quelque soixante millions d'années.
Guère plus gros ~ à l'époque ~ qu'un renard,
il emprunte le détroit de Behring, alors pris dans les
glaces, pour atteindre l'Asie et s'installer dans ses steppes
centrales, où, pendant toute la préhistoire, au
rythme des changements de climat, de l'avance et du recul des
glaciers, de petits groupes d'équidés évoluent
jusqu'à constituer "l'equus caballus", c'est-à-dire
le cheval cheval que nous connaissons aujourd'hui.
Deux principaux centres de peuplement se forment, l'un à
l'ouest de l'actuelle Mongolie, en Dzougarie, donne naissance
à une "race" dite Mongole, et l'autre, dans la
région du Ferghana, au nord-est de la Perse, à une
seconde "race" dite aryenne.
La première ~ Equus cabalus mongolicus ~ essaime très
tôt, tant vers l'Est, jusqu'en Scandinavie et en Espagne.
C'est ce petit cheval mongol que les chasseurs du paléolitique
font figurer sur les parois de leurs grottes ~ à Lascaux
notamment ~, lui aussi donne naissance au type dit ibérique
ou andalou, lui encore que les Sumériens attellent à
leurs chars et qui sert, plus tard, de monture aux cavaliers d'Attila,
de Genghis Klan ou de Tamerlan.
La seconde lignée ~ Equus caballus aryanus ~ ne quitte
son berceau natal du Ferghana qu'aux époques historiques.
Ses multiples descendants donnent naissance à de nombreuses
variétés ~ ou "races" ~ de chevaux, tant
en Asie, qu'en Europe ou en Afrique.
Les envahisseurs Hyksos les introduisent, au XVIIIème siècle
avant notre ère, en Egypte, où ils donnent naissance
à la "race" dite égyptienne. Plus à
l'Ouest, une autre souche dite "barbe" s'épanouit
en Numinie.
Les Assyriens, remarquables dresseurs, ne se contentent pas de
les atteler, à l'instar des égyptiens, mais apprennent
à les monter, sans selle ni étriers, constituant
une véritable cavalerie, sans doute la première
histoire de l'humanité, maniant l'arc et la lance.
Atteignant la Grèce et les balkans, ils sont à l'origine,
dans la mythologie, des Centaures et des Lapithes, et servent
ensuite de montures aux soldats d'Alexandre le Grand. Reprenat
de la sorte le chemin de l'asie, on les retrouve notamment au
Proche-Orient.
Avec leur chanfrein souvent légèrement creusé,
ainsi qu'en témoignent maintes représentations,
ils constituent (ou figurent parmi) les ancêtres du cheval
arabe.
Il est difficile d'être plus précis quant aux origines
de ce cheval "arabe". Pour les meilleurs spécialistes
de la préhistoire, on le sait, l'homme a fait, dix mille
ans avant notre ère, l'objet de tant de mélanges,
de croisements et de brassages, qu'il n'est déjà
plus question d'évoquer à son égard la notion
de "race" pure.
Que dire alors du cheval?... Et du cheval "arabe"?...
Quand l'auteur très britannique de "the encyclopédia
of the horse", Elwyn hartley Edwards, affirme "qu'il
existe de toute évidence, dès 2500 ans avant Jésus-Chris,
dans la péninsule Arabique, une race de chevaux ayant tous
les traits et les caractéristiques du cheval arabe"?
Et quand, par ailleurs, l'auteur français du "cheval
arabe", Philippe Barbié de Préaudeau, écrit:
"Ainsi donc, à l'aube de l'ère chrétienne,
aucun cheval ne court encore à travers les deserts d'Arabie,
aucun arabe n'est encore laissé séduire par l'ivresse
des chevauchées.
Un siècle après, tout à changé"?
Et d'expliquer ensuite comment un tel prince yéménite
alla quérrir en Mésopotamie, dans le courant du
deuxième siècle de notre ère, les premiers
chevaux jamais introduits dans cette même péninsule...
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