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Le
furusiyya est un mot forgé par les Arabes, qui n'a pas
son équivalent en Occident. Il désigne l'ensemble
des connaissances théoriques et pratiques qui touchent
le cheval: hippologie, hippiatrie, dressage, élevage.
La furusiyya naît au VIIIème siècle, la cour
calife de Bagdad. Elle est destinée aux fils de princes
nobles avec une valeur morale de courage qui peut rappeler le
code des chevaliers du Moyen Age.
Sous le sMalmelouks au XIVème siècle, elle devient
une discipline incluant les pratiques les plus performantes pour
maîtriser le cheval et le préparer au combat:"Le
régime militaire mamelouk reposait sur une éducation
trés stricte et de nombreuses écoles étaient
établies dans la citadelle du Caire. A côté
de l'enseignement traditionnel reposant sur les sciences religieuses,
une grande part était accordée à la formation
d'une cavalerie d'élite.
L'apprentissage
équestre se poursuivait jusqu'au moment où le cavalier
possédait la maîtrise totale de son cheval, avec
ou sans selle, qu'il savait soigner et le donnait parfaitement
le tir à la lance ou à l'arc. Ces exercices donnèrent
lieu assez vite à de véritables compétitions
qui se déroulaient en public dans les hippodrômes
et auxquels une large foule assistait", indique Annie Vernay-Nourri,
conservateur à la B.N.F. chargée des manuscrits
arabes.
La fonction des livres de furusiyya est de transmettre un savoir
sur les chevaux à des professionnels: leur indiquer par
exemple que si un cheval a mal à un oeil, il faut le soigner
avec tel médicament.
Ou préciser que dans un carrousel, les premiers doivent
dessiner telle figure avec tant de pas et les suivants tel autre.
Les premiers traités sont écrits par des hommes
de cheval, écuyers, maîtres des écuries, ou
vétérinaires, reprenant la science des Grecs en
matière d'élevage ou de soins aux chevaux.
Les suivants sont des compilations plus ou moins augmentées
des premiers, réalisés par des hommes de savoir,
professionnels du cheval ou savants.
Les plus récents sont composés des textes précédent
sous une forme tronquée.
Certains manuscrits sont de simples traités pratiques.
D'autres plus richement décorés, sont destinés
à enrichir la bibliothèque de haut dignitaires.
Héritiers de différentes traditions équestres
bédouine, persane et turque, la plupart des traités
de furusiyya débutent par des versets du Coran ou des poèmes
sur la beauté des chevaux.
Ils présentent en outre la particularité rare dans
le monde arabe d'être illustrés.
La peinture arabe de manuscrits est restées limitée
à l'illustration de quelques textes littéraires
ou scientifiques comme celle du furusyya.
L'apogée de la peinture arabe date de la première
moitié du XIIIème siècle.
Ses grands principes sont de représenter le sujet sans
fond, sans perspective, sans profondeur, et sans cadre ou paysage,
comme chez les Persans.
Tout au plus dispose-t-on d'un élément d'architecture
pour signifier qu ela scène passe bien en intérieur.
Les mamelouks feront évoluer la peinture arabe en accentuant
son coté décoratif et en donnant souvent aux visages
des traits des Turcs.
Les miniatures montrent principalement les excercices d'armes
exécutés par les cavaliers sur leurs montures, mais
aussi les soins donnés par les vétérinaires
et plus rarement quelques représentations isolées
de chevaux.
On trouve également dans quelques textes littéraires
de rares pages mettant en scène chevaux et cavaliers.
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