Remerciements

Le cheval en traités

EXPOSITION du 25 novembre 2002 au 30 mars 2003 à l'institut du monde arabe a PARIS

 

Le Furusiyya

Le furusiyya est un mot forgé par les Arabes, qui n'a pas son équivalent en Occident. Il désigne l'ensemble des connaissances théoriques et pratiques qui touchent le cheval: hippologie, hippiatrie, dressage, élevage.

La furusiyya naît au VIIIème siècle, la cour calife de Bagdad. Elle est destinée aux fils de princes nobles avec une valeur morale de courage qui peut rappeler le code des chevaliers du Moyen Age.
Sous le sMalmelouks au XIVème siècle, elle devient une discipline incluant les pratiques les plus performantes pour maîtriser le cheval et le préparer au combat:"Le régime militaire mamelouk reposait sur une éducation trés stricte et de nombreuses écoles étaient établies dans la citadelle du Caire. A côté de l'enseignement traditionnel reposant sur les sciences religieuses, une grande part était accordée à la formation d'une cavalerie d'élite.

L'apprentissage équestre se poursuivait jusqu'au moment où le cavalier possédait la maîtrise totale de son cheval, avec ou sans selle, qu'il savait soigner et le donnait parfaitement le tir à la lance ou à l'arc. Ces exercices donnèrent lieu assez vite à de véritables compétitions qui se déroulaient en public dans les hippodrômes et auxquels une large foule assistait", indique Annie Vernay-Nourri, conservateur à la B.N.F. chargée des manuscrits arabes.


La fonction des livres de furusiyya est de transmettre un savoir sur les chevaux à des professionnels: leur indiquer par exemple que si un cheval a mal à un oeil, il faut le soigner avec tel médicament.
Ou préciser que dans un carrousel, les premiers doivent dessiner telle figure avec tant de pas et les suivants tel autre.
Les premiers traités sont écrits par des hommes de cheval, écuyers, maîtres des écuries, ou vétérinaires, reprenant la science des Grecs en matière d'élevage ou de soins aux chevaux.

Les suivants sont des compilations plus ou moins augmentées des premiers, réalisés par des hommes de savoir, professionnels du cheval ou savants.
Les plus récents sont composés des textes précédent sous une forme tronquée.
Certains manuscrits sont de simples traités pratiques. D'autres plus richement décorés, sont destinés à enrichir la bibliothèque de haut dignitaires.


Héritiers de différentes traditions équestres bédouine, persane et turque, la plupart des traités de furusiyya débutent par des versets du Coran ou des poèmes sur la beauté des chevaux.
Ils présentent en outre la particularité rare dans le monde arabe d'être illustrés.
La peinture arabe de manuscrits est restées limitée à l'illustration de quelques textes littéraires ou scientifiques comme celle du furusyya.


L'apogée de la peinture arabe date de la première moitié du XIIIème siècle.
Ses grands principes sont de représenter le sujet sans fond, sans perspective, sans profondeur, et sans cadre ou paysage, comme chez les Persans.
Tout au plus dispose-t-on d'un élément d'architecture pour signifier qu ela scène passe bien en intérieur.
Les mamelouks feront évoluer la peinture arabe en accentuant son coté décoratif et en donnant souvent aux visages des traits des Turcs.
Les miniatures montrent principalement les excercices d'armes exécutés par les cavaliers sur leurs montures, mais aussi les soins donnés par les vétérinaires et plus rarement quelques représentations isolées de chevaux.


On trouve également dans quelques textes littéraires de rares pages mettant en scène chevaux et cavaliers.