L'activité équestre à l'école élémentaire
Introduction
Depuis une quinzaine d'années, les activités de pleine nature connaissent un essor remarquable, afin d'ouvrir l'école au monde extérieur, à son environnement.
Ces activités n'ont de sens, qu'insérer dans un milieu naturel, où l'enfant trouve un cadre d'ébats et de dépaysement favorables à son besoin d'évasion, de découverte, de curiosité, d'expériences de toutes sortes.
Parmi celles-ci, l'équitation répond par sa spécificité, non seulement au côté aventureux de l'enfant, mais aussi au besoin affectif que seule la relation avec l'animal : le cheval, lui permettra d'établir.
Cependant, répond-elle vraiment aux objectifs de l'éducation physique et sportive à l'école?
Si la réponse est positive, comment et jusqu'où utiliser le cheval et son milieu?
Partie 1- L'équitation peut-elle être un support aux divers objectifs de l'E.P.S.?
Chapitre 1- Les intérêts liés au milieu
Les activités physiques de pleine nature sont partie intégrante de l'E.P.S. Elles ont pour caractéristique de placer l'enfant en situation d'exploration active d'un milieu inhabituel.
A) Un milieu différent entraînant un impact psychologique et émotionnel
Selon notre vécu, nous avons plus ou moins étés en relation avec des animaux. Souvent, ile attirent ou ils effraient. A cheval, ou à son contact, l'enfant sera confronté à ses émotions, révélatrices de ses craintes.
1) L'ambivalence de l'animal : le cheval
Le cheval est-il pour l'enfant un animal différent d'un autre domestique et familier comme le chat et le chien? Il ne semble pas, quand on parle d'équitation aux enfants, ceux-ci sont enchantés, moins par la possibilité de monter un cheval, de le conduire, de se déplacer grâce et avec lui, que de le caresser, le nourrir et que de se défaire d'une charge affective qu'ils ont envers tous les animaux qu'ils connaissent bien.
Cependant, le cheval est aussi synonyme de grande taille, de poids, de volume, autant d'éléments difficiles à appréhender pour l'enfant.
2) Les résonances affectives.
Selon son tempérament, sa curiosité, l'enfant abordera l'activité équestre de manière très différente :
- l'attrait et le plaisir
Beaucoup d'enfants sont attirés par les chevaux. Ils représentent un monde nouveau à conquérir (le cheval n'est-il pas la première conquête de l'homme ?), une aventure. Même si cet attrait est parfois teinté d'une crainte, l'approche de l'animal sera en général et source de plaisir.
- la peur, l'angoisse
Même si ces émotions sont moins fréquentes, la peur de l'animal, ou celle de monter dessus, voire de tomber ne peut pas être niée.
Cette peur n'est pas à assimiler d'office au statut de débutant. Elle ne peut être reliée au vécu antérieur et résulter de traces conscientes ou subconscientes laissées par une expérience malheureuse ou par une expérience non vécue physiquement mais façonnée par les attitudes des proches .
Dans un premier cas, l'activité équestre permet d'assouvir la soif d'évasion, de découverte, de curiosité et de favoriser l'expression du plaisir de l'enfant en se confrontant à des réalités concrètes, vivantes, parfois rudes, toujours riches.
Ce plaisir et ensuite la condition et le résultat de l'évolution des comportements (circulaire de 1987).
Dans un deuxième cas, la découverte du cheval et du milieu équestre par un enfant qui a peur doit être favorisée, stimulée. Révélant les angoisses, cette approche tente de les dominer.
B) Un milieu différent qui nécessite une adaptation
Développer la capacité d'adaptation des enfants est un des objectifs de l'école. A cet effet, on recommande de varier les espaces d'interventions. Or, dans le cadre de l'activité équestre, non seulement doit-il s'adapter à un milieu particulier, hors du périmètre scolaire, le plus souvent inconnu de lui, mais aussi doit-il s'adapter au cheval, pour agir avec lui, et non le subir.
1) l'action du milieu et de l'animal sur l'enfant
Même dans le cadre d'une structure aménagée et sécurisante : le manège, l'enfant se trouve confronté à un espace vaste qu'il ne domine pas en temps que cavalier.
- le point de vue physique
L'enfant n'est pas bâti naturellement pour monter à cheval : sa constitution physique ne lui permet pas de se placer sans effort à califourchon sur le dos d'un animal immobile et à plus forte raison d'y rester dès que cet animal se met en mouvement. Par ailleurs, les forces des deux "protagonistes" étant loin d'être équivalentes, il en résulte une mauvaise maîtrise de sa monture par l'enfant.
- le point de vue psychologique
Dans son milieu naturel, l'homme est en position verticale. Il le maintient grâce à un ensemble d'automatismes acquis et réglés par des sensations qu'il a de son corps. Le système nerveux reçoit des informations tant sensorielles que sensitives, conscientes, qu'inconscientes qui sont des repères pour le piéton qu'il est la plupart du temps.
Mais cet équilibre devient inadapté à cheval.
2) L'enfant agit sur le cheval
A cheval, l'enfant doit s'adapter, contrôler ses réactions physiques et psychologiques, acquérir par des expériences progressives et répétées des automatismes nouveaux.
En effet, pour exprimer sa volonté à sa monture, et en obtenir l'obéissance, l'enfant n'a pas d'autres moyens que de lui faire parvenir des sensations presque uniquement tactiles par l'intermédiaire de ses jambes et de ses mains. A l'enfant, ensuite, d'interpréter les informations qu'il reçoit et émises par le cheval (accomplissement ou non de ce qui lui a été demandé), pour agir en construisant des possibilités nouvelles.
L'enfant parvient à maîtriser ces situations par des actions musculaires spécifiques, enrichissant progressivement ses structures de piéton, les transformant passagèrement pour faire face aux nouvelles exigences. Ces interventions sur le milieu et l'animal seront autant de progrès ressentis comme des performances.
Il semble donc que le milieu soit en lui-même particulièrement stimulant et attractif. Répondant au désir de plaisir et de découverte de l'inconnu des enfants, il permet à l'enseignant de mettre en place une activité constructive, tentant ainsi de répondre aux objectifs définis dans les Instructions Officielles.
Chapitre 2- les intérêts de l'activité équestre
Selon les textes, parmi l'ensemble des moyens dont dispose l'enseignant pour traiter l'E.P.S. à l'école élémentaire, se trouve les activités de pleine nature. C'est dire que l'activité équestre ne doit en aucun cas être l'unique constituant du programme d'éducation physique. Elle doit s'y intégrer et comme pour toute activité, tendre à la réalisation d'objectifs définis.
Nous allons apprécier ici, dans quelle mesure le choix de cette activité contribue à leur concrétisation, et dans le même temps, nous allons vérifier que les intérêts d'une activité physique ne se réduisent pas uniquement à des apports moteurs et corporels.
A) Un apport tridimensionnel
La circulaire de 1977, concernant les activités physiques à l'école élémentaire souligne le rôle du corps dans les différents aspects du processus de croissance : moteur, cognitif, affectif. Ceci est toujours en vigueur en 2000.
1) Les apports moteurs, et plus globalement physiques
L'activité équestre dans le cadre scolaire ne consiste pas en l'apprentissage d'une technique, mais a pour but de construire et d'affiner les compétences motrices, tout en ne se limitant pas essentiellement à cela.
- la construction de nouvelles compétences motrices.
Selon la circulaire de 1984, les activités de pleine nature permettent à l'enfant de multiplier ses expériences motrices.
La particularité de l'équitation réside dans l'acquisition de ces nouvelles compétences avec et grâce à autre être vivant : le cheval.
Le tableau suivant permet de découvrir l'évolution active pour passer du stade piéton à celui de cavalier.
PIÉTON CAVALIER
- Équilibre vertical * Équilibre vertical
- tête verticale - tête verticale
ÉQUILIBRE - regard horizontal - regard horizontal
* Appui sur les pieds * Appui fessier
* Équilibrage par les bras * Équilibrage par les pieds
* Appuis solides * Appuis solides mais fuyants
* Jambes motrices * Jambes passives
DÉPLACEMENTS * Bras équilibrateurs * Bras conducteurs
* autonomes * En communion avec le cheval
COORDINATION * Motricité spontanée * Indépendance segmentaire
DES jusqu'à 8 ans - jambes fixent l'enfant
MEMBRES *Début de coordination après (rôle d'impulsion)
8 ans * bras et mains en contact
avec la bouche du cheval
( rôle de direction et régulateur
de la vitesse )
- Ces nouvelles compétences sont affinées et diversifiées au fur et à mesure des séances. Les gestes deviennent plus aisés et plus précis.
Comme le prévoie les I.O., l'enfant enrichit son répertoire d'actions en utilisant son corps comme moyen de communication.
Cette évolution des compétences motrices se révèle plus ou moins rapide selon les enfants, mais elle est réelle pour tous. Pour certains, elle est freinée par la peur (plus que les capacités physiques).
Outre les apports directement moteurs, cette activité permet une prise de conscience de son corps par la découverte de nouvelles sensations inhérentes à la hauteur, à la liberté de mouvement. Certains enfants disent se sentir "légers".
Comme les autres activités physiques, celles-ci ne peuvent se détacher de la notion d'hygiène et de santé, à travers la stimulation des fonctions organiques, la détente, le mouvement qu'elle amène et qui sont nécessaires au bien-être de l'enfant.
2) les apports cognitifs
Il est admis que si l'activité physique éveille le corps, elle éveille aussi l'esprit. Le mouvement a donc un rôle décisif dans le développement intellectuel et l'acquisition des savoirs.
La familiarisation à un nouveau milieu mobilise l'intelligence du sujet qui doit s'adapter. Il doit trouver des solutions aux problèmes posés, ce qui suppose :
- d'analyser la situation
- de mesurer les risques
- de se fixer un but formule ou non
- de découvrir les causes d'échec
- d'ajuster son comportement
Les informations que l'enfant devra prendre pour s'adapter deviendront peu à peu des connaissances qui seront éventuellement transférables à une autre situation ultérieure.
Dans la réalité, les temps de réflexions sont possibles du fait que les enfants montent en alternance, ce qui leur permet d'observer, d'analyser et de communiquer. A cheval, la réflexion est un peu limitée par le caractère peu sécurisant de la situation et du fait que l'enfant essaie d'être actif en permanence.
L'activité équestre n'est cependant pas limitée à son exercice au club. Des précisions sont apportées en classe permettant une maturation d'idées, mais surtout, la suggestion de nouvelles variantes.
3) Les apports affectifs
L'un des objectifs des I.O. en E.P.S. est le contrôle des émotions et de leurs effets quand l'enfant est en difficulté.
L'affectif prend une importance particulière dans ce milieu nouveau et inconnu, et ce d'autant plus que le cheval ressent les émotions de son cavalier, et en particulier la peur.
L'activité doit être organisée pour permettre aux enfants craintifs de surmonter leur appréhension.
Ainsi avant de faire monter les enfants à cheval, est-il important de les laisser manipuler l'animal afin d'instaurer un climat de confiance.
Non seulement le fait de pouvoir le nourrir, le promener, le caresser va créer un lien affectif, mais sera aussi à la base de la motivation pour monter dessus.
Cette phrase aide à transformer la crainte en attitude active face à la nouveauté, ce qui constitue déjà en soi, une source de plaisir pour l'enfant. A partir du moment où tous les enfants sont reconnus avec leurs atouts et leurs faiblesses, cette activité permet une amélioration de l'image de soi. Cependant, les problèmes affectifs doivent être résolus en priorité, car un enfant sous l'emprise d'une crainte importante sera bloqué dans son action et sa réflexion.
B) Les compétences transversales
Elles sont définies précisément dans les I.O. et nous allons examiner dans quelles mesures l'activité équestre est adaptée à leur développement.
1) La socialisation des enfants : une action sur les attitudes
- la construction de la personnalité
Dans la mesure où l'enfant acquière de nouvelles compétences motrices et intellectuelles, ainsi qu'une certaine confiance dans ces capacité à affronter et résoudre des problèmes, on peut considérer qu'il construit sa personnalité. Il prépare ainsi son avenir d'adulte. Par contre, il est important de ne pas laisser l'enfant en position d'échec, ce qui produit des effets inverses.
- l'entre aide
Dès le début de l'activité équestre, il n'est pas rare de voir les enfants coopérer et établir des relations de plus en plus nombreuses face à un animal qui les impressionne (curer les pieds, le panser, le seller, le brider). Ceci est aussi observable lors des jeux équestre mettant en place une stratégie collective. Ces échanges amènent à l'écoute, au respect et la reconnaissance d'autrui. Cependant, ils sont moins évidents que d'autres activités physiques où le milieu est maîtrisé.
-
l'autonomie
En s'adaptant au milieu, en apprenant à l'accepter, à le maîtriser, et grâce aux progrès effectués, l'enfant devient autonome.
A cheval, elle se caractérise par rapport au reste du groupe. Elle est acquise lorsque l'enfant dirige seul son cheval sans le soutient de quiconque (autonomie approfondie). Une autonomie élémentaire peut être obtenue dès les premières séances. Elle est atteinte lorsque les enfants savent monter et descendre de cheval, tourner, avancer, s'arrêter avec l'aide de l'enseignant.
L'acquisition de cette autonomie est très progressive et elle sera longue pour certains plus craintifs.
- la prise de responsabilités
C'est un des atouts de l'activité équestre, indispensable à l'enfant car lui permettant de se reconnaître lui-même et de se situer dans la vie de groupe. Rendre l'enfant "propriétaire" d'un cheval le temps de quelques séances, engage son initiative, et le met dans une situation privilégiée d'égalité avec l'adulte.
2) La notion d'espace et de temps
- L'enfant évolue dans un nouvel espace ( hauteur, surface ) dans lequel il va devoir se construire de nouveaux repères, afin de conduire correctement sa monture ( orientation dans l'espace ) . Ces repères se font dans un premier dans un espace aménagé, cloisonné : le manège, dans un deuxième temps, un espace non aménagé, donc non structuré, où l'absence de repères matérialisés place l'enfant devant de nouvelles difficultés. Le trajet effectué entre l'école et entre le centre équestre permet un travail sur un espace plus vaste, impliquant, impliquant la notion de distance.
- dans le temps
L'activité équestre permet à l'enfant de se situer par rapport à la rapidité de sa monture . Ainsi, le pas, le trot, le galop, sont autant d'allures naturelles du cheval dont les vitesses diffèrent (6 à 7 km/h au pas, 20 à 30 km/h au galop), celles-ci pouvant être ralenties, ou accélérées. Le rythme auquel s'effectue ces différence allures est un autre aspect de la notion de temps, il en découlera une plus grande harmonie avec la monture, dés lors que l'enfant en prendra conscience. La référence à des séances passées ou à ce qui sera envisageable les fois suivantes, situe aussi l'enfant dans un passé et un futur proche puis dans un passé et un future de plus en plus lointain
3) Les autres compétences transversales mises en oeuvre
- une approche des méthodes de travail
Les textes insistent sur la notion de projet de l'enfant. Il s'agit de lui fournir une intention à partir de laquelle il déclenchera son action. Ces projets étant plus ou moins conscients, il est essentiel pour faciliter leur intégration, de les élaborer lors de discussions en classe, celles-ci permettant une réflexion plus importante (ne serait-ce que par la formulation de ce que l'on peut faire à cheval). L'enfant peut ainsi prendre du recul.
- l'activité équestre est également importante au niveau du traitement de l'information car elle donne une grande part au sens du toucher qui est généralement moins sollicité. L'enfant redécouvre ce sens pour s'adapter au milieu
- la sécurité
L'activité équestre permet aux enfants d'éprouver le risque et donc d'essayer d'y parer de deux façons: à pied, et à cheval.
* à pied, trois règles s'imposent: ne pas faire peur au cheval par des cris ou des grands gestes, ne pas passer derrière, prévenir l'animal de son arrivée en l'appelant, et avant même de rentrer dans le boxe
*à cheval
Devenu cavalier, l'enfant se trouve confronté à l'instinct grégaire du cheval. Il doit s'efforcer par conséquent de garder des distances entre lui et les autres, tant en mouvement, qu'à l'arrêt.
Cette activité est donc positive dans la mesure ou la spécificité du milieu permet une activité riche, différente et attractive, répondant dans une large mesure aux exigences formulées par les textes. Mais ces sorties, comme tout acte pédagogique, réclament une préparation minutieuse.
partie 2 L'activité équestre peut-elle être a la base d'un projet pédagogique ?
Selon les textes, les activités de pleine nature, par les rapports étroits qu'elles entretiennent avec l'ensemble des autres activités scolaires, constituent un terrain privilégié pour la mise en oeuvre de projets pédagogiques. Qu'en est-il de l'équitation ?
chapitre 1 les difficultés d'un tel projet
a) Des réticences
1) Par rapport à l'activité elle-même
- pour de nombreux individus, l'équitation reste une activité marginale, uniquement accessible à une certaine catégorie sociale. Considérée comme un sport de riches (quant elle est considérée comme un sport), elle est trop souvent dénigrée. Or, si cela a été le cas, il s'avère qu'aujourd'hui, un nombre croissant de personnes accède à ce loisir. Il est vrai cependant que dans le cadre des activités scolaires, elle nécessite un budget assez lourd, pouvant dépasser celui qui est appartis.
- la sécurité
Celle-ci est un problème majeur dont l'enseignant doit être constamment conscient, pour le bien-être et la santé de l'enfant. Celui-ci doit penser tout le déroulement des activités en termes de sécurité pour que celle objective des enfants ne soit jamais réellement en cause. En revanche, l'enfant vivra des risque subjectifs parfois avec acuité.
2) Le principe de la sortie réfutée
Certains enseignants refusent le principe même de la sortie, car n'apportant rien aux enfants. D'après eux, seul un enseignement dense le seul contenu des cours permet de donner aux élèves un maximum de connaissance. D fait, l'école est là pour transmettre des connaissances, et nous avons vu dans la première partie, que l'équitation peut être un moyen de les transmettre.
b) L'organisation pesante
Inscrire un tel projet dans l'école se traduit par plusieurs conditions:
- Sauf cas exceptionnels, l'ensemble des élèves de la classe doit être concerné.
- L'enseignant doit participer à une action pédagogique dont il assume, comme dans toutes les activités scolaires, la responsabilité d'ensemble.
- La participation, souvent indispensable d'intervenants extérieurs, doit faire l'objet d'une étude approfondie en concertation avec les différents partenaires.
- La pratique en dehors de l'école entraîne si possible un choix du lieu, en fonction de la distance qui le sépare de l'établissement, des possibilités matérielles (équipement technique, vestimentaire), ce qui nécessite un repérage.
c) L'âge des enfants
Dans le cadre de cette activité, il est préférable de s'adresser a des enfants de fin de cycle 2, et de cycle 3. En effet, bien que pouvant être pratique avant 7-8 ans, l'équitation demande une motricité déjà affirmée pour évoluer en groupe, ce que les plus jeunes enfants ne maîtrisent pas. Par ailleurs, elle répond à un besoin d'initiative et d'indépendance qu'ont les enfants de cet âge là.
d) Des connaissances préalables
Les connaissances de l'enseignant au sein de l'équipe pédagogique d'encadrement impliquent de sa part une réflexion préalable sur l'activité, le milieu et ses contraintes, voire une connaissance acquise, si possible par une pratique personnelle. Cette réflexion et cette connaissance lui sont nécessaires pour tirer tout le profit d'une activité qui tout en privilégiant l'éducation de la motricité de l'enfant, s'intègre dans le projet pédagogique global de la classe ou de l'école. En tant que projet scolaire, l'équitation soulève de nombreux obstacles, et le débat sur son rôle mérite effectivement réflexion. Quels intérêts trouve-t-on à la pratique d'une activité en dehors de l'école ?
chapitre 2 - Les objectifs d'un tel projet
a) Une nouvelle voie d'accès aux connaissances
1) Stratégie d'apprentissage
Il faut chercher à mettre les enfants dans des conditions d'apprentissage qui tiennent compte de certaines réalités: Les élèves sont dans l'ensemble beaucoup moins prêts à accepter des apports dont ils ne voient pas l'utilité. Leurs attentes, leur motivations ont changé. L'école n'a plus le privilège de l'instruction, de l'information, de la formation. Elle n'est plus la seule source de savoirs. Elle se doit donc de coopérer avec d'autres instances sociales. Ainsi, l'activité équestre et les sorties qu'elle occasionne sont une stratégie pour moins laisser de côté certains élèves. Elle est une occasion de multiplier les voies d'accès au savoir, tout en ménageant un moment de rupture et de détente. C'est dans la diversité des situations et des activités proposées que l'on peut emmener le plus grand nombre d'élèves. Ce ne sont pas les même à chaque fois, et ce ne sera pas tous. Mais en multipliant les voies d'apprentissage, on peut espérer être utile au plus grand nombre.
2) La sensibilisation à un milieu
Dans le cadre d'un tel projet, il est donné aux enfants, la possibilité de se mouvoir dans un environnement inconnu, en faisant naître des curiosités, en sensibilisant à des champs nouveaux, en faisant naître des curiosités, en sensibilisant à des champs nouveaux, en donnant envie de poursuivre une réflexion, en initiant un cheminement personnel qui contribuera à les rendre capables de se situer en tant qu'êtres pensant et agissant. En aucun cas, la sensibilisation à ce milieu ne doit se transformer en un apprentissage stéréotypé et collectif de gestes techniques.
b) L'élargissement de l'espace éducatif
Se pratiquant en dehors des installations sportives traditionnelles (salle, cour), l'activité de pleine nature qu'est l'équitation contribue à l'élargissement de l'espace éducatif, à l'ouverture de l'école sur son environnement, et favorise l'établissement de relations nouvelles, sous des formes moins conventionnelles, mais non moins fécondes que les autres, non seulement entre l'école et son milieu, mais aussi entre l'enseignant et l'élèves, l'enseignant et la classe, entre les élèves eux-même. C'est l'occasion donnée à l'enseignant de voir ses élèves dans des conditions nouvelles par rapport à la situation de classe, d'améliorer la connaissance qu'il a d'eux, d'individualiser son observation, car en proie à l'action, l'enfant devient transparent. Par ailleurs, ces activités peuvent aider à revaloriser l'école aux yeux des jeunes: Elle n'est plus seulement un lieu d'apprentissage formel et gratuit, coupé du reste de leur vie et apparemment sans lien, mais elle devient un lieu de compréhension grâce à des informations qui ne sont pas liées à un programme, à des normes.
c) La sécurité
Selon les textes, les activités de pleine nature constituent des occasions privilégiées pour l'étude et l'enseignement des règles de sécurité. Par la mise en jeu de ses conduites motrices, l'enfant prend lucidement conscience de ses possibilités et des risque encourus. Il intériorise le danger et forge ses propres stratégies. Mis à l'épreuve face à des situations mouvantes et insolites, il doit faire preuve d'adaptabilité motrice. IL peut ainsi développer une authentique éducation de la sécurité