Origine et histoire des courses
Courses de char, les premières, ou courses de chevaux montés, existent dès la plus haute antiquité. En Grèce, les concurrents des jeux olympiques luttent pour la gloire, et la pureté est la règle, mais, à Rome, à Byzance, les jeux du cirque soulèvent les passions populaires et vont jusqu'à se terminer en batailles rangées entre fanatiques exaspérés.
Aux premiers siècles de l'ère chrétienne et au début du Moyen Age, les courses participent de la légende des prouesses guerrières. Elles existent déjà sous Charlemagne. C'est l'époque de Bayard, cheval des quatre fils Aymon, vainqueur d'une course dotée par l'empereur de 400 marcs d'argent. Puis elles prennent comme les tournois, l'aspect de défis entre grands. Hugues Capet donne, un présent royal, à son beau-frère Athelstane, roi anglo-normand, tout un lot d'étalons probablement arabes. Mais les croisades vont révéler à l'Occident le cheval arabe et, par conséquence, ouvrir, quelques siècles plus tard, l'ère véritable des courses codifiées et réglementées.
Réalistes, les Anglais le sont dès le Moyen Age : montés sur leurs lourds destriers, les croisés ont éprouvés à leur dépens les qualités de vitesse, d'endurance et d'énergie que confère le sang au cheval arabe. Parmi les premiers, Richard Coeur de Lion comprend tout le profit que l'élevage national peut retirer d'un mélange de sang oriental. Il importe des étalons arabes qu'il croise avec des juments locales sélectionnées. Puis il organise la première course régulière connue en Europe et, royalement, la dote de 40 livres d'or.
Au cours des siècles qui suivent, les importations de sang arabe et barbe continuent, sans méthode, de façon désordonnée, mais favorisent chez les Anglais, avec l'amélioration de la race chevaline, l'éclosion des premiers symptômes de l'esprit sportif. Puis les plateaux d'orfèvrerie s'ajoutent aux précieux trophées hippiques. Le succès des courses, qui va en grandissant, et simultanément la popularité des courses aux cloches, organisées de village à village, où l'on franchit touts les obstacles naturels qui se présentent, développent chez tous les goûts du sport. Ces dernières épreuves sont les ancêtres des cross.
Jacques I er (1603-1625) réglemente les épreuves sur piste et crée à Newmarket le premier hippodrome.
Sous Charles Ier et Charles II, les épreuves maintenant codifiées se multiplient provoquant l'engouement général, de la Cour aux "cockneys" du temps.
Les dotations comme la demande en bons chevaux augmentent. Il s'ensuit des importations massives d'étalons et de juments arabes. Une nouvelle race, produite de sélections successives est en cours de constitution, mais c'est à la fin du XVII è siècle que l'on voit apparaître les précurseurs, les grands ancêtres du longiligne et universel pur-sang anglais. Trinité célèbre, aux origines pittoresques, que celle de Byerley Turk, Darley Arabian et Godolphin, qui vont avoir les honneurs du premier "stud -book", crée par Guillaume trois. Le premier est ramené du siège de Budapest par son propriétaire, le capitaine Byerley, dont il était le cheval d'armes. Darley Arabian, qui vient de Palmyre, appartient à un éleveur d'York du même nom, qui l'avait lui même reçu de son frère en échange d'un fusil de chasse du dernier modèle. Quant à Godolphin, c'est un présent royal, mal apprécié, du bey de Tunis à Louis XV. On ne sait pourquoi ce dernier s'en était débarassé et Godolphin, tirait modestement une voiture d'arrosage dans les rues de Paris. Un voyageur anglais, connaisseur le remarqua, l'acheta et le revendit à lord Godolphin, qui lui laissa son nom. En Angleterre ces trois étalons coururent et surtout reproduirent brillamment au haras. Par les mâles ou les femelles, le sang de l'un ou de l'autre coule dans les veines de leurs successeurs qui, eux, deviendront les seuls chefs de la lignées autorisés de la nouvelle race.
Matchem, né en 1748, Herod, dix ans plus tard et surtout Eclipse en 1764, étalon extraordinaire, jamais battu en course et géniteur de produits exceptionnels, sont les piliers de la nouvelle race du pur-sang.
Parallèlement à l'amélioration de la race, la réglementation des courses se précise pendant le cours du XVIII è siècle. En 1750 est fondé le Jockey-club, cercle aristocrate, qui servira de modèle à ses homologues étrangers, notamment au second en date, fondé 83 ans plus tard, le jockey-club français.
Partout on voit apparaître des installations sportives nouvelles, ou aménager en hippodromes des champs de courses utilisés depuis longtemps. Ce sont les célèbres Newmarket, Doncaster, Epsom, et Ascot, mais aussi Enfield, Croydon, York, Manchester, Sandown Park, etc. Liverpool est utilisé pour l'obstacle. Mais le plat, où s'exprime la vitesse, est le domaine d'élection du pur-sang, le sport "légitime" et favori, dont, aujourd'hui encore, la présence ne se discute pas.
Toute une gamme d'épreuves classiques non seulement attirent des foules innombrables, mais, fruit de l'expérience, serviront plus tard de modèles en France et dans d'autres pays comme critères de la sélection des meilleurs
Les origines des courses en France
Les Anglais furent les premiers à discerner l'importance de la qualité qu'est la vitesse. Ils créèrent en partant du pur-sang arabe et des performances, une race originale, rigoureusement surveillée, plus grande que l'arabe, aux rayons plus allongés et à la musculature plus développée, race spécialisée dans la compétition, mais qui est aussi, au haras, un facteur puissant d'amélioration.
Avec la création nationale des pur-sang, l'Angleterre prit donc, dans le processus d'amélioration de la race chevaline, une avance que d'autres pays ne commencèrent à rattraper qu'en important et en élevant à leur tour des pur-sang, et, de la même manière que l'Angleterre, en multipliant les épreuves appelées à consacrer les meilleurs sujets. S'agissant ici simplement d'origines, nous arrêterons celles-ci à 1833, date capitale dans l'histoire du cheval de notre pays, puisqu'elle fut celle de trois événements significatifs qui, de plus, ouvrirent en France l'ère actuelle du sport hippique règlementé.
L'année 1833 fut celle, en effet, de la création du Jockey-club, de celle de la Société d'encouragement et de l'ouverture du premier Stud-book français. Comme son modèle anglais, celui-ci était destiné à enregistrer l'importation, la naissance et la généalogie de tous les pur-sang élevés ou nés en France. Par la suite, l'histoire du pur-sang et celle des courses ne feront qu'un.
Il est certain que les français ont connu les courses avant cette date, mais le critère vitesse comme gage de qualité maintenant prépondérant n'est pas, a priori le seul que l'on puisse retenir. Le fond, la puissance, la détente, la rusticité, par exemple, ont pu aussi bien, au cours de l'histoire, être mis au premier plan par les amateurs de bons chevaux.
Tout dépend également de la fin principale à laquelle on les destine, et le pur-sang par exemple, nerveux et rapide, peut être, s'il n'est point délicat, un très bon cheval d'armes pour officier, mais il ne sera certainement jamais une remonte adaptée à la troupe.
Avant le XVIII è siècle on avait assisté en France à des courses-défis entre grands, à Achères, notamment en 1683 où eut lieu une course internationale en 1700, où l'avènement du siècle fut célébré entre autres réjouissances par des courses à Saint-Germain, copiées sur les courses anglaises, mais ce sont là des exceptions qui participent des engouements passagers de la Cour. Il faudra attendre la seconde moitié du XVIII è siècle pour voir s'ouvrir et s'organiser, aux Sablons, futur Longchamps, à Fontainbleau, dans le parc royal de Vincennes, des épreuves pou lesquelles se manifeste un début d'organisation.
La première réglementation à l'échelle nationale qui est à inscrire au crédit de l'Empire est le décret du 31 août 1805, réglementant les courses de chevaux. Celui du 4 juillet 1806 réglemente l'élevage par la constitution de six haras d'état et de trente dépôts d'étalons. Simultanément, des champs de courses commencent à s'ouvrir partout en province.
L'organisation des courses est administrative et protectionniste le plus possible, avec décharges de poids suivant les races, éliminatoires régionales et finale courue à Paris. Le grand prix est dotée d'un prix à 4000 f. Les distances sont longues de 4 à 6 km, et les chevaux doivent être français exclusivement et âgés de 5 à 7 ans.
Nous sommes loin des courses précoces des pur-sang, avec leur distances réduites. Sous la restauration, les courses ont lieu au Champ de Mars et deviennent un événement annuel. Elles sont présidées ou suivies de près par le comte d'Artois, devenu Charles X et à partir de 1830, Louis Philippe étant médiocrement intéressé par elles, elles sont présidées par son fils le duc d'Orléans. En 1834, il y a en France 18 hippodromes. La véritable histoire des courses commence alors dans notre pays.