Regard en arrière sur quelques concours hippiques

L'année 1909

Au concours de 1909, à Paris, malgré l'apparition du moteur à essence, on compte encore 263 attelages sur 1630 chevaux exposés, mais les éleveurs s'orientent maintenant vers la production du cheval de selle et, si les utilisateurs sont moins nombreux la qualité ne cessent de s'améliorer.

Plus sportifs et moins utilitaires, les concours hippiques sont extrêmement brillants. Les parcours se compliquent, on place sur les obstacles des taquets, petites plaquettes mobiles qu'il ne faut pas renverser. On avait même pris l'habitude de noter différemment les fautes selon qu'elles étaient commises par les antérieurs ou les postérieurs. Les championnats en hauteur, qui date de 1900, ont été gagné d'abord à 1,85 m lorsqu'en 1906, à Paris, Conspirateur, monté par le capitaine Crousse enthousiasme le public par un bon prodigieux et réalise le record du monde à 2,35 m. C'est de cette époque que datent les premiers concours internationaux et l'apparition de la monte en avant qui révolutionne le saut d'obstacle. Les américains ont été les précurseurs, suivis de près par les italiens qui, dès 1902, dégagent la doctrine du capitaine Caprilli, celle ci préconise la fixité du bas du corps, cuisses et mollets, par le raccourcissement des étriers, la souplesse des hanches, des reins et des épaules qui doivent suivre le mouvement du cheval sans éloigner exagérément de la selle ce qui en résulte l'indépendance des aides : les jambes donnent et entretiennent l'impulsion, les mains règlent la direction et la vitesse en laissant au cheval la liberté d'encolure pendant le saut. Le capitaine Siméon est le premier français à monter en concours de cette nouvelle façon.

Jeudi 24 mars 1924

Le grand palais vient d'ouvrir ses portes pour la première journée du concours hippique de Paris. Au programme des deux semaines : des épreuves civiles et militaires, nationales et internationales et l'examen de chevaux de selle venant de toute les régions de France.

Le temps est couvert et l'on n'y voit rien, à travers la verrière, pour placer les obstacles du prix la Haie-Jousselin. Quand le 1 er cheval arrive il fait noir. Impossible d'effectuer un parcours sérieux dans ces conditions. Le concours est effectué le lendemain, mais le public est déçu. Heureusement le président à une idée : il offre un prix spécial, le prix des ténèbres à ceux qui ne craindront pas de courir dans l'obscurité. Alors on voit dans la nuit noire, les vestes rouges franchir les barrière s blanches, on devine des ombres chevauchant dans la pénombre, on entend le fracas des barres qui tombent et qui ponctuent les fautes. C'est un parcours un peu grotesque, un peu dangereux aussi, mais qui fait de la journée un succès, malgré le temps. Vers 5 heures le temps s'éclaircit et les prix sont distribuer : Oscar, Triplepattes et Sarapoul sont les vainqueurs très acclamés.

Le 10 avril 1934

C'est le dernier jour du concours et comme d'habitude le championnat en hauteur est disputé. Les spectateurs sont un peu septiques et ne s'attendent pas à des performances extraordinaires. C'est que depuis le saut mémorable du capitaine Crousse en 1906, les hauteurs maximale vont de 2 m à 2,20m et ne semblent pas pouvoir être dépassées. 16 chevaux s'affrontent, les 15 premiers passent les 2 m sans difficulté ce qui met l'émotion du public en éveil. Les barres sont haussées à 2,20 m, 4 chevaux les passent sans faute. A 2,30 m Conspirateur IV et Vol au Vent réussissent encore dans leur tentative. Les barres sont haussés, Conspirateur ne passe pas mais Vol au Vent après deux essais, franchit l'obstacle d'un superbe bond. On fait une ovation au cheval et à son cavalier, le lieutenant Christian de Casrtries, pendant que les commissaires vérifient la hauteur de la barre. Elle fait exactement 2,38 m.

1934 - 1937 : les grandes années des internationaux

L'équipe militaire de France se promène victorieusement à travers l'Europe et l'Amérique. A Londres, à Berlin, à Varsovie, à Bruxelles, à New York elle fait, chaque année, hisser le drapeau français au mat de la victoire.

A Berlin en 1934, elle mérite un merveilleux article publié dans une revue étrangère : "ce sont des cavaliers d'élite : leur assiette est d'une souplesse parfaite et leur conduite, littéralement imperceptible, est l'idéal dans la manière de mener un cheval. Tout le monde à compris que seul un peuple de haute culture peut posséder une équitation aussi raffinée." A New York en 1936 le capitaine Clavé est acclamé comme un héros : "quand il passa le dernier obstacle, un bruit formidable éclata, tous les spectateurs se levèrent et se mirent à hurler et à applaudir ce spectacle de perfection  équestre que tout le monde à senti comme instinctivement comme ne pouvant pas être dépassé." Et dans le World télégramme il y avait d'écrit : "après 5 jours de compétition pas un des as militaires du concours international ne peut infliger de défaite au capitaine Clavé. Il sera champion du concours quel que soient les résultats des dernières épreuves." A Amsterdam en 1937, l'équipe de France, lieutenant Bartillat en tête, emporte la coupe des nations.

26 avril 1944

Première manifestation de cette nature depuis 1939, la grande fête hippique organisée sur le terrain des Sablons par le général Detroyat, président du comité d'assistance à la cavalerie, enchante les spectateurs, surpris par le nombre de chevaux engagés et plus encore par leur qualité et par celle des cavaliers. A son programme, varié et parfait : parcours d'obstacles, reprise des sauteurs de Saumur, fanfare de la garda, reprise du manège Howlett et des juniors du cercle "des roses et des chênes", exercice de haute école et, pour finir, deux rétrospectives historiques : une chasse à courre sous Henri IV et la présentation de Louis XIV à mademoiselle de Lavallière.

1945 : les journées de l'Etrier

La SHF à organisé son premier concours d'après guerre sous la présidence du marquis de jugné, les 30 juin et 1 er juillet. Le temps est un peu décevant, mais les cavaliers et leurs chevaux sont heureux de retrouver leur public, le public heureux de revoir enfin quelques un des as des concours internationaux et d'avoir la révélation de nouveaux champions. Les cavaliers civils qui avaient commencé à faire parler d'eux avant-guerre s'avèrent d'excellents concurrents. A signaler, les très beau parcours de M Peter qui, sur Passe partout emporte le prix Lejeune, le prix Brissac et celui des Couplés qui clôturent ces deux journées où se sont également affrontés ceux qui deviendront les ténors des concours d'après-guerre : Michèle Cancre et Nathalie de Noailles, le chevalier d'Orgeix, Pierre Joncquères d'Oriola, 2 fois médaillé olympique.

Le 6, 7 et 8 octobre toujours à l'Etrier, les parcours sont très difficiles et quelques uns s'inquiètent de ce qu'ils peuvent décourager les jeunes cavaliers. Dans le prix de la SHF, le parcours à l'américaine est suivi avec un intérêt passionné, il révèle un très bon cheval, Nitchevo, et un excellent cavalier, M Perissel, qui passent  28 obstacles en 2 min 30, à la seconde place, le chevalier d'Orgeix.