Le cheval en Mongolie

La Mongolie est l'un des derniers pays où le cheval fait partie de la vie quotidienne. Elle est composée d'immenses troupeaux de petits chevaux de toutes les couleurs, sur les douces pentes des collines vertes. Leurs gardiens sont également à cheval: pour les Mongols cette scène est aussi banale que le métro pour les Parisiens. Les bergers et les gardiens de vaches sont montés, aussi, car les gros chiens qui les accompagnent sont plutôt des chiens de garde que les chiens de bergers. Certains chevaux deviennent d'excellents chevaux de cutting.

Le cheval mongol est petit, entre 1.35 et 1.45 m, rarement jusqu'à 1.50 m, robuste, et rapide sur de grandes distances. La grande course annuelle, à la fête du Naadam, est courue sur  35 km en 80 minutes pour le gagnant. Ces chevaux ne sont jamais ferrés.

En été, les chevaux se nourrissent uniquement d'herbe. En hiver, ils ont un peu de foin quand la terre est trop gelée. D'habitude, ils broutent e troupeau : l'étalon avec les juments et les hongres. Les poulains sont attachés à une corde dans la journée, dès l'âge de deux mois; ceci afin qu'ils ne puissent plus têter à volonté. Cinq fois par jour, entre juin et novembre, on amène les juments autour de la yurte pour les traire.

L'homme tient le poulain après lui avoir permis de têter brièvement, et la femme trait rapidement à la main et dans un seau, la jument , qui est, d'après ce que l'on dit, convaincue que sa progéniture continue à boire.

Ce qui est certain, c'est que l'art de l'éleveur doit s'équilibrer avec celui du producteur de lait, pour que le poulain soit assez bien nourri de façon à ne pas devenir chétif, et qu'il reste assez de lait pour la consommation humaine. Une bonne jument laitière peut produire entre 5 et 7 litres par jour; le précieux liquide est transformé en kumiss, boisson fermentée qui remplace, en Mongolie, la bière.

Les hongres et les étalons sont montés régulièrement : les juments aussi, en principe, quand elles ne sont ni pleines ni suitées. Mais, à la grande fête du cheval qui clôture le Naadam - la fête nationale qui dure 3 jours, du 11 au 13 juillet- il y avait plusieurs cavaliers sur des juments suitées. Les chevaux semblent être en bon termes avec les humains : on ne porte pas d'éperons, et bien que l'on ait un bâton à la main, les chevaux sont rarement frappés. Ils sont montés 1 jour sur 2 ou 3 ; les jours "de service" ils sont attachés à une corde haut fixée, entre deux mâts de bois. Ils peuvent être entravés de plusieurs façons.

La selle, les étriers et les sangles sont des modèles et motifs traditionnels : le tapis de selle est en feutre, l'arçon en bois (fabriqué par des artisans chinois, autrefois chinois) couvert de feutre brodé, avec des motifs en argent. Il y a deux sangles de cuirs tressé, souvent fabriquées dans la yurte. Comme les selles sont assez chères, beaucoup de cavaliers montent à cru ; comme tout le monde monte plusieurs heures par jour depuis l'âge de deux ans, il y a peu de problèmes d'assiette.

Les Mongols, en général, ne sont pas très grands, et ils montent assez court, sans bouger. Le cheval est dirigé par les jambes et le poids du corps ; les départ au pas, au trot et au galop, sont indiqués doucement avec les talons. Chevaux et hommes vivent tellement près l'un de l'autre, qu'ils arrivent facilement  à se comprendre. La grande course du Naadam est courue par des enfants entre 4 et 12 ans.

On se déplace à cheval pour garder les troupeaux, pour aller à l'école, pour aller faire les courses en ville ou à la coopérative, pour rendre visite à des amis ... Les chevaux sont également attelés aux charrettes, pour le transport, mais seront remplacés par des camionnettes.

Les meilleurs mâles sont gardés entiers comme reproducteurs : meilleur, dans le sens mongol, signifie les plus rapides et les plus robustes. les autres sont castrés entre l'âge de 2 et 4 ans, selon les circonstances, afin d'empêcher la reproduction incontrôlée. Les étalons ne sont jamais méchants avec l'homme, ils se bagarrent seulement avec d'autres étalons qui essaient de voler leurs juments dans les pâturages. Mais généralement, chaque troupeau est autonome, et suffisament surveillé par les éleveurs.

On distingue l'étalon de loin car sa crinière est longue, quelque fois, elle arrive jusqu'aux genoux. on coupe la crinière des juments par commodité, et aussi car on s'en sert pour fabriquer des cordes de toute sorte. Les queues sont toujours fournies et laissées telles quelles. Pour les courses, elles sont enroulées dans une lanière en cuir. Les chevaux ont des coiffures "fantaisie"(on peut en voir sur les fresques des temples-donc assez anciennes -). Comme chaque enfant a son propre cheval dès l'âge de 4 ans, sinon avant, il le traite comme un jouet, il le décore, le coiffe.

Bien que la race d'équidés mongole soit une, il y a 5 sous-espèces connues : le Galshir qui est le plus rapide et qui gagne la plupart des courses, le Tes qui est fort et bien bâti - un cheval pour tirer des charrettes bien chargées-, le Ulzit qui est le plus grand de taille, le Bulgan, le plus élégant et le plus tape-à l'oeil (les palominos sont généralement des Bulgans), et le khursguul qui vient des montagnes Altai dans l'Ouest du pays. C'est un bon cheval de montagne et une bonne source de viande. Les abattoirs industriels n'existent pas dans le pays , car en hiver, la température est tellement basse que n'importe quelle viande se congèle et donc se conserve immédiatement.

Le cheval Bulgan est chevauché par ceux qui veulent avoir l'air de bons cavaliers et de guerriers féroces...

Officiellement, le pays possède une population de 2 millions de chevaux, dont 60 % sont à l'état, et 40 % à des propriétaires privés. Cette proportion assez forte du "privé" dans un pays socialiste, est due au double usage dans la steppe : transport et kumiss. Il existe des chevaux ambleurs assez prisés, et qui ne sortent en public que pour les grandes fêtes.

Les chevaux Mongols, et leurs cavaliers, sont tellement bien adaptés à leur environnement, que des changements seraient difficilement envisageables. Ils paraissent s'accommoder avec le monde industriel et parallèle qui existe dans le pays.