Les journalistes de cheval-web ont
été invité au concours d'endurance à Lacanau.
Ce fut l'occasion de découvrir une nouvelle discipline peu
connue du grand public ? Nous avons rencontré des équipes
très soudées autours de leurs chevaux et une philosophie
tournée autour de l'effort. Au cours de cette journée
ensolleillé nous avons eu la chance rencontrer les plus hautes
instances dans la compétion d'endurance en France, Pierre Caze
- entraineur national - et Jean Louis Leclerc - vétérinaire
qui ont répondu à nos questions avec gentillesse.
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| Interview
de Pierre Caze - Entraineur national |
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C.W.: A quelle allure se courre
une épreuve d’endurance ? Y a t-il plusieurs rythme ?
P.C.: Sur les grandes courses telle que celles là,
l’allure est fonction du terrain. Sur un bon sol en terrain
plat, les meilleurs sont, sur une distance de 120-130 km, 350 m/mn
pour les gens de concours hippique et 20 km/h pour les gens de l’endurance
– tout le temps – ça veut dire quasiment tout au
galop avec quelques transitions au trot.
C.W.: Et les plus lents ?
P.C.: ça décroît en fonction
de la classe et des chevaux, sur une course comme à Lacanau,
le moins bien classé va être à 12-13 km/h.
C.W.: Le rythme est-il toujours
régulier ?
P.C.: Ce sont des courses de fond où il y
a la possibilité d’accélérer sur la fin
du parcours en général. C’est stratégique,
mais une seule fois, c’est comme le cyclisme. Il y a une accélération
ou deux dans un virage à l’alpe d’huez, après
c’est fini, il ne faut pas se tromper d’endroit.
C.W.: Est on toujours à la
même allure ?
P.C.: C’est le cavalier qui choisit l’allure,
mais pour ternir 20km/h de moyenne, c’est forcement au galop.
On pourrait le faire au trot, mais ce n’est pas une allure économique
donc pas utilisé.
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C.W.: Depuis le début
des concours, comment le train a-t-il évolué ?
P.C.: Depuis une quinzaine d’années,
les records des courses n’ont beaucoup évolués
par contre ce qui a beaucoup bougé, c’est la quantité
de gens qui courent à cette vitesse là. Avant, sur une
course, il y avait un ou deux cavaliers à 20 km/h ; maintenant
il y en a 10. Le niveau moyen a beaucoup progressé.
C.W.: Quel est le nombre moyen d’engagés
dans une épreuve d’endurance ?
P.C.: L’année dernière, nous
avions 15 courses dans l’année avec une moyenne de 90
partants. Cette année, il y a 10 courses de plus (le nombre
de cavalier d’endurance n’a pas augmenté sensiblement),
le nombre moyen d’engagés va tomber autour de 60-65 partants.
C.W.: Comment ont commencé
les courses d’endurance ?
P.C.: Au départ, ce sont les militaires qui
ont monté les premières vraies courses avec Bruxelle-
Austand en 1903, et après il y a eu Paris-Deauville, Paris-Rouen,
puis c’est tombé en désuétude au moment
de la guerre et entre les deux grandes guerres. C’est revenu
à la surface aux Etats-Unis dans les années cinquante
sur une route des pionniers, en Australie, un petit peu en Espagne
où régnait une tradition de course dans les grands domaines
entre les propriétaires terriens. Après dans le reste
de l’Europe, c’est à partir de la fin des années
soixante que l’endurance est réapparue. A partir de là,
on peut distinguer trois périodes :
- Les années 80-90 : les années « aventures
», remise au goût du jour, découverte avec
toutes les expérience (y compris les plus tragiques)
- Années 90-2000 : c’est devenu un vrai sport avec
ses codes, ses écoles, une pensée sportive et ce
n’est plus seulement une affaire d’aventuriers et
de feu de camps.
- Années (98)-2000 : le professionnalisme arrive, des gens
s’installent pour vivre de l’endurance. A l’heure
actuel, en France, il y a 15 000 chevaux en compétition
et 6000 compétiteurs ; un trentaine de grosses écuries
de professionnels (commerce et entretien)
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C.W.: Y a-t-il un équipement
propre à l’endurance ?
P.C.: Pas pour moi, pour beaucoup de personnes oui,
mais pas pour moi. Il faut monter avec la selle qui vous conviens
et qui convient à votre cheval, il n’y a pas de matériel
spécifique : On peut très bien monter avec une selle
anglaise, ou bien mixte, entre la selle anglaise et la selle américaine
qui ont emprunté aux selles d’armes.
C.W.: Et pour le cheval, y a-t-il
une ferrure spéciale ?
P.C.: Non, on a fait tout un tas d’essais bien
sur, avec tous les matériaux qu’on a pu utiliser, on
reste très classique. C’est un sport qui use énormément,
et en particulier les fers. L’essentiel, c’est de l’acier,
du fer classique.
C.W.: Utilisez vous beaucoup les
plaques ?
P.C.: Assez fréquemment, mais ce sont des
plaques en plastiques dur qui servent de protection contre les impacts
de pierres et il y a un petit effet amortissant.
C.W.: Le cavalier a-t-il un équipement
spécial pour faire récupérer son cheval ?
P.C.: Non, beaucoup d’eau, des éponges,
des massages, des soins…
C.W.: Quelle est la durée
d’une carrière d’un cheval d’endurance ?
P.C.: Les chevaux qui font une carrière normale,
c'est-à-dire qu’ils ne sont pas immédiatement
envoyés très jeune sur un circuit comme au Moyen-Orient,
ou ils sont cassés très vite, ils font facilement 5-6
ans de carrière, on a beaucoup d’exemple à 7-
8 ans de carrière, on a des chevaux qui ont terminé
à 18 ou 19 ans, un petit peu comme au saut d’obstacle.
Les premières courses commencent à partir de 7-8 ans
mais en fait, ils sont solides à 9 ans. Ils commencent par
le circuit jeunes chevaux, fait par la S.H.F., classique, qui ressemble
aux disciplines classiques mais ce n’est pas un circuit de compétition.
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C.W.: Quelles sont
les catégories au niveau national ?
P.C.: Il n’y a pas vraiment de catégorie
pour les cavaliers, ils ont un cursus obligatoire, une espère
d’échelle à franchir, ce sont des niveaux de distance
et de vitesse différente, auxquels ils doivent réussir,
jusqu’à accéder à la compétition
à vitesse libre. Les premiers barreaux de l’échelle
c’est 40 kms à 12-15 à l’heure, au bout
de 3 échelons, ils ont droit de concourir à vitesse
libre et après, ils ont droit à divers niveau de vitesse
libre en fonction de la réussite de l’échelon
précédent. C’est assez simple, cela fait la richesse
et la force de l’endurance car c’est assez simple d’accès,
mais il y a aussi un inconvénient car à peu prés
tout le monde peut très vite se considérer de haut niveau
et c’est pas facile de gérer 800 personnes qui se croient
de haut niveau, il vaudrait mieux qu’il n’y en ait qu’une
centaine.
C.W.: Quel est le niveau équestre
requit ?
P.C.: Il n’y a pas d’examen. Il y a quand
même beaucoup de gens qui montent très bien, qui ont
une éducation équestre classique, leurs divers examens,
voire des enseignants.
C.W.: Pour revenir aux catégories,
la plus longue course fait 160 kms, je crois…
P.C.: Oui, le plus gros échelon fait 100 miles,
donc 160 kms, ce sont les circuits 3 étoiles, c’est la
distance des championnats d’Europe, du monde, des jeux équestres,…puis
vous avez les 2 étoiles qui représentent de 100 à
120 kms. |
C.W.: A quel âge commence
t-on l’endurance ?
P.C.: Les enfants doivent avoir une autorisation
parentale pour concourir tous seuls à partir de 14 ans et à
partir de 12 ans accompagné par un adulte.
C.W.: Quelle est la moyenne d’âge
des participants ?
P.C.: Il y a 10 ans, c’était assez élevé,
parce que le recrutement ce faisait surtout dans les gens qui étaient
un peu rejetés par le monde équestre classique, ou qui
c’étaient rejetés d’eux même et maintenant
ont bascule des générations, et sur une course classique,
l’année dernière, les statistiques montraient
que sur 540 participants qui ont couru en 2 ou 3 étoiles il
y avait 200 à 210 personnes de moins de 25 ans. Ca c’est
beaucoup rajeunit et beaucoup féminisé. Notre force
c’est que c’est une course, c'est-à-dire que vous
êtes en concurrence directe avec les autres : c’est pas
chacun son tour, vous êtes jugés sur un parcours, …etc
: c’est comme une course à pied, c’est ludique
: c’est basic de courir après ses petits copains à
l’école… C’est ce qui a fait l’attrait,
on est le seul sport équestre en compétition directe.
Sur la piste, vous avez des gens devant vous, à côté
de vous, derrière vous, il y a des tactiques, vous restez avec
un tel ou vous allez devant, comme une course cycliste. Je crois que
c’est aussi une explication.
C.W.: Quelle est l’aptitude
du cavalier d’endurance ?
P.C.: Aimer souffrir. Il faut être très
froid car toute une journée c’est long, on peut commettre
beaucoup d’erreurs dans la gestion d’un cheval. Il faut
aussi être endurant, être capable de monter longtemps
à cheval : les personnes qui sont là, sont à
cheval depuis sept heures ce matin, il faut qu’ils soient «
fit » , bien sur, il y en a qui ne le sont pas.
C.W.: Combien y a-t-il de personne
pour s’occuper d’un cheval d’endurance ?
P.C.: Il faut au minimum un cavalier et une équipe
d’assistance d’au moins une personne. C’est vraiment
le strict minimum. L’idéal, c’est une équipe
d’assistance qui assiste le cavalier avec une voiture et deux
personnes. Sachant qu’il y a des cavaliers qui ont deux voitures
d’assistance et 5 personnes : c’est toujours des petites
cellules comme ça.
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C.W.: Il a-t-il une
reconnaissance ?
P.C.: Sur les grands concours ou il y a beaucoup
d’enjeu, on reconnaît toujours les dernières étapes
car si il faut faire une différence, c’est là
qu’il va falloir la faire : Dernière étape, le
départ et un peu du milieu du parcours pour voir de quoi il
s’agit. Mais reconnaître tout le parcours, c’est
impossible : 160 kms en 2 jours, il faut une semaine …!!
C.W.: Quelle est la race de chevaux
la plus utilisée ?
P.C.: L’arabe, ce n’est pas exclusif.
Il peut y avoir d’autre chevaux qui réussissent (anglo,
selle français,…).
C.W.: Y a-t-il une morphologie spécifique
au cheval d’endurance ?
P.C.: Avec des points de force mais pas tous : Des
points de force mais pas trop de masse musculaire, pas trop grand,
mais il y a toujours des contre exemples évidemment : comme
en saut d’obstacle il y a eu Jappeloup, chez nous il y a l’inverse.
C.W.: L’endurance fait-elle
évoluer la race du cheval arabe ?
P.C.: Ca a sauvé la vie de beaucoup d’éleveurs
de chevaux arabes car à l’heure actuelle, il y a peut
être 4000 ou 5000 chevaux de race arabe qui courent en endurance
et sinon, je ne sais pas ce qu’ils feraient…
C.W.: Il a-t-il des têtes
de liste d’étalons très connus ?
P.C.: Oui, le plus illustre, c’est Persik.
C.W.: Que pensez vous de l’implication
des haras dans les courses d’endurance
P.C.: Je trouve ça très bien car c’est
une vraie filière avec ses débouchés et sa propre
clientèle, qui s’autogére et ne coûte pas
grand chose à l’état car au niveau du concours
complet, sans l’aide de l’état pour bâtir
des terrains de cross, il n’y aurais plus de concours complet.
Et pour notre discipline, il nous faut des chemins, des balustrades,
donc c’est une vraie filière, pas très coûteuse
; Les haras l’on compris très vite, ils nous ont toujours
bien aidé…
C.W.: Quelle est la place de la
France au niveau international ?
P.C.: Leader. Il y a deux façon de répondre
:
- sur les dix dernières années, on a remporté
28 médailles avec un grand nombre de victoires (je n’ai
pas le palmarès en tête)
- et il y a eu très vite une restructuration : ce n'est
pas resté éclaté en 2 camps avec chacun son
feu de camp… Dans les autres pays (Allemagne, Belgique,…)
ce sont les associations qui s’occupent de gérer
l’endurance et ça ne marche pas.
C.W.: Y a-il un vrai échange
avec d’autre discipline ?
P.C.: A mon niveau, oui et au autres niveau, non.
C.W.: Quel impact avez-vous au niveau
du public et quelle image ?
P.C.: Ont a probablement pas l’image et je
dirai à l’heure actuelle, tant mieux car on est vraiment
pas les rois du look et de la belle image et il vaut mieux pas qu’ils
nous regardent encore.
C.W.: Qu’est ce qu’on gagne ?
P.C.: Je ne sais pas vraiment ce qu’on gagne
mais cela varie entre 1000 et 3000 euros suivant les courses.
C.W.: Comment fonctionne la fédération
d’endurance ?
P.C.: C’est la fédération française.
Je suis salarié de la fédération française,
je suis entraîneur national de la fédération française.
C.W.: Pour conclure, quel message voudriez vous faire
passer aux internautes ?
P.C.: C’est une bonne question car les personnes
qui pratiquent l’endurance sont des fans d’internet parce
que comme on vient du Moyen âge, de l’ombre, comme tout
les petits groupes, on a toujours eu besoin de communication interne
avec les autres pays et il y a énormément d’activité
autour de l’endurance sur internet, énormément
de sites. Il existe un vrai besoin, pour nous, c’est un vrai
outil de travail qui est utilisé par la base, par simplement
des utilisateurs amateurs d’internet. On s’en sert vraiment
très souvent par exemple pour voir où sont les courses,
qui est le président du jury etc,…
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| Interview
de Jean-Louis Leclerc- Vétérinaire de l'équipe
de France d'endurance |
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CW: Quels sont les critères
pour accepter ou refuser un cheval au contrôle ?
JLL: Dans les contrôles, il y a le contrôle
initial qui permet au cheval de démarrer ou non la compétition,
et après, il y a des contrôles pendant la compétition
tous les 20, 30, 40 kms, pour observer si le cheval est capable de
continuer la compétition ou pas. Parmi les critères,
on a les critères que l’on appelle objectifs, ceux qui
sont mesurable : la fréquence cardiaque, la fréquence
respiratoire, la température,… A coté de cela,
il y a les critères qui ne sont pas forcément mesurable
: Une couleur de muqueuse, une répression capillaire c'est-à-dire
le temps que met une muqueuse à se recolorer après qu’on
l’ai comprimé, des bruits digestifs cela reste mesurable
qu’ils existe ou pas mais ce n’est pas subjectif totalement,
cela reste quand même non mesurable.
Parmi ces critères, il y en a qui permettent l’élimination
d’un cheval : un seul vétérinaire qui éliminer
un cheval sur des critères mesurable, par exemple un vétérinaire
qui trouve que la fréquence cardiaque est trop élevée
peut éliminer le cheval par lui-même. Par contre, une
boiterie, ce n’est pas mesurable, il faut donc 2 ou 3 vétérinaires
pour éliminer un cheval en fonction de ce critère. Une
boiterie, c’est assez subjectif, on sait que ça boite
mais jusqu’à quel degré, on ne le sait pas. C’est
simple et compliqué à la fois…
CW: Par rapport aux autres discipline
équestre, l'endurance est elle plus usante ou mois usante pour
le cheval ?
JLL: L'endurance ne doit pas être plus usant,
car on voit des chevaux de 16-17 ans qui sont vraiment dans des états
fabuleux et on voit des chevaux de 17-18 ans qui courent encore 160
kms qui ont très peu de tares, tares tendineuses et ligamentaires,
et qui courent très bien en équipe de France : on avait
encore, l’année dernière un cheval de 16 ans qui
a fait une médaille d’or à Jerez. Je pense que
c’est un sport qui ne fatigue pas trop sur le point physique
et physiologique, ce n’est pas un sport violent : c’est
un sport de fond sur lequel on a pas d’effort violent sur les
articulations.
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CW: Peut-on comparer l’endurance
équestre avec l’endurance humaine ?
JLL: Non, la physiologie du cheval est totalement
différente de la physiologie de l’homme. Je crois que
la physiologie musculaire chez cheval est vraiment différente
de la physiologie de l’homme : La fatigue ne se mesure pas de
la même façon, l’alimentation ne se mesure pas
de la même façon car ce n’est pas du tout le même
type de digestion : le cheval a une digestion bactérienne et
enzymatique alors que l’humain n’a qu’une digestion
enzymatique. Deuxièmement, la transpiration du cheval est un
élément fondamental de l’effort, de la fatigue
et ce que l’on appelle ??« isotomique » ?? c'est-à-dire
que l’homme n’a pas du tout la même composition
de sang : la composition des différents éléments
est beaucoup moins concentrée que le sang. Par contre chez
le cheval, on a la même concentration par exemple en Chlore,
Sodium et Potassium dans le sang et donc quand le cheval transpire,
il a des déperditions énormes en produits sanguins,
énormes en électrolytes, donc, rien que ça, c’est
un gros problème. Deuxièmement, le cheval transpire
énormément, donc ça pose énormément
de problèmes aussi car il y a beaucoup de déperdition
d’eau, d’électrolytes, ce que n’a pas forcément
l’homme à ce moment là. On en peut pas comparer
ni la physiologie de l’effort chez le cheval, c’est 2
choses différentes.
CW: Y a-t-il une alimentation spéciale pour
obtenir des efforts intenses comme ceux là ?
JLL: C’est d’autant plus surprenant qu’il
n’y a pas d’alimentation spéciale, c’est
une alimentation équilibrée qui correspond à
l’effort de l’entraînement sans plus. C'est-à-dire
que le cheval fait un effort à l’entraînement,
on lui fourni l’énergie nécessaire à cet
effort d’entraînement. On ne tient pas du tout compte
de ma compétition et c’est le jour de la compétition
que l’on nourrit en fonction de la compétition.
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CW: Au niveau de la récupération,
n’y a-t-il pas des électrolytes… ?
JLL: On donne des électrolytes le jour de
la compétition, et encore s’il y a besoin : il a des
chevaux qui font une course de 160 kms, qui transpirent et qui n’ont
pas besoin d’électrolytes. En moyenne, le cheval peut
perdre 10 à 15 litres de transpiration par heure, ils vont
travailler pendant 8 à 10 heures, ils vont donc perdre 150
litres de sueur dans lesquels ont peut dire qu’il y a 8 grammes
de sels : 120 grammes de sels perdus. On ne les compense pas et ils
arrivent à tenir comme ça. Les meilleurs chevaux on
a même pas besoin de compenser : c’est encore un grand
mystère.
CW: Quelles sont les boiteries les
plus fréquentes chez le cheval d’endurance ?
JLL: Les boiteries principales sont sur les boiteries
basses : le paturon, le boulet et il y a tous les petits problèmes
musculaires qui peuvent se greffer par-dessus.
CW: Le terrain a-t-il une importance
fondamentale sur une course au niveau des boiteries, y a-t-il des
terrains qui rendent les chevaux plus boiteux que d’autre?
JLL: Il n’y a pas de terrains qui rendent les
chevaux plus boiteux que d’autre s’ils sont bien entraînés
: c’est un problème d’entraînement. Si le
cheval a eu un entraînement adéquat, il ne boitera pas
plus sur un terrain que sur l’autre. Ceci dit, sur les cailloux,
on aura plus de boiteries articulaires, et sur du sable, on aura plus
de boiteries tendineuses.
CW: Les terrains d’endurance
sont-ils variés (herbe, sable,…) ?
JLL: Ils sont variés, l’endurance c’est
tous types de terrains avec du dénivelé, pas de dénivelé.
On peut très bien avoir une course dans le désert avec
les dunes, dans le Canzas avec de la plaine et des canyons, on peut
avoir une course à Floirac où on va avoir de la montagne
: Tout ça est de l’endurance, le cheval doit être
capable d’assurer tout.
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CW: Quelles est la
qualité première d’un vétérinaire
d’épreuve ?
JLL: L’intuition. L’intuition qui repose
sur l’expérience de base dans laquelle il faut prédire
la possibilité d’accident. C'est-à-dire qu’en
fonction de l’examen du cheval, il faut que le vétérinaire
soit capable de dire que ça ne va pas aller et il faut arrêter
le cheval et là, c’est l’expérience qui
joue, donc il faut avoir une bonne formation en médecine équine
et chirurgie équine et après il a l’expérience
de quelques années (il faut quand même pas mal d’années).
CW: Y a –il des formations
spéciales pour former les vétérinaires d’endurance
?
JLL: Les vétérinaires se forment sur
les petites épreuves, ils commencent sur les 20-30-40 kms et
a 90 kms ils sont souvent accompagnés d’un vétérinaire
plus expérimenté c'est-à-dire suivit de prés
pour pouvoir être libéré dans ses jugements.
CW: Les cavaliers ne doivent pas
toujours être d’accord avec vous, comment cela se passe
t-il ?
JLL: Si on est sûre de soi, si on est sûre
dès qu’on a l’expérience, le cavalier le
sent et la décision est très vite admise. Si le cavalier
sent qu’il y a une faille : C’est une catastrophe, c’est
sûre. C’est pour cela qu’il faut une bonne expérience
pour pouvoir dire au cavalier que le cheval n’est pas apte à
partir ou repartir, ils l’admettent car ils sont très
brillants, il ne faut pas croire, ils ont une bonne expérience
du cheval aussi. Le plus dramatique c’est de dire que, sur le
plan physiologique, que le cheval n’est pas clair. Il faut avoir
le courage de le dire, il faut que le cavalier sente qu’on est
sûre de soi.
CW: Sur une épreuve comme
celle là, avec 70 partants, combien y a-t-il de chevaux arrêtés
avant la fin ?
JLL: En moyenne, il n’y a que la moitié
des chevaux qui arrivent. Il peut y avoir que 30% de chevaux à
l’arrivée car il faut évacuer les chevaux de la
course avant qu’il n’y ai d’accident.
CW: Comment vont les chevaux de
l’équipe de France ?
JLL: Nous sommes en train de les sélectionner,
on en a beaucoup, l’année dernière, on avait 7
chevaux pour en tirer 6 et cette année, on en a déjà
14 pour les jeunes et 10 pour les adultes. Pour la sélection,
ça va être très difficile. C’est le travail
de Pierre Caze mais je suis là pour le conseiller, apporter
ma conviction mais la décision finale reste entre ses mains,
et étant donné le qualité de l’ensemble
des chevaux vus aujourd’hui, ça va être un gros
problème.
CW: Quelles sont les échéances
à venir pour l’équipe de France ?
JLL: La première échéance, c’est
le championnat d’Europe adultes en Irlande à côté
de Dublin vers le 21 septembre suivi, la semaine d’après
par les championnats du monde des jeunes à Rome. |
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Pour en savoir plus sur cette journée à
Lacanau, retrouver les résultats et toutes les informations
officielles sur www.medocendurancelacanau.com
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