Endurance Lacanau 2003


L'endurance: un sport rafraichissant
avant tout

Les journalistes de cheval-web ont été invité au concours d'endurance à Lacanau. Ce fut l'occasion de découvrir une nouvelle discipline peu connue du grand public ? Nous avons rencontré des équipes très soudées autours de leurs chevaux et une philosophie tournée autour de l'effort. Au cours de cette journée ensolleillé nous avons eu la chance rencontrer les plus hautes instances dans la compétion d'endurance en France, Pierre Caze - entraineur national - et Jean Louis Leclerc - vétérinaire qui ont répondu à nos questions avec gentillesse.

 

Interview de Pierre Caze - Entraineur national

C.W.: A quelle allure se courre une épreuve d’endurance ? Y a t-il plusieurs rythme ?
P.C.: Sur les grandes courses telle que celles là, l’allure est fonction du terrain. Sur un bon sol en terrain plat, les meilleurs sont, sur une distance de 120-130 km, 350 m/mn pour les gens de concours hippique et 20 km/h pour les gens de l’endurance – tout le temps – ça veut dire quasiment tout au galop avec quelques transitions au trot.

C.W.: Et les plus lents ?
P.C.: ça décroît en fonction de la classe et des chevaux, sur une course comme à Lacanau, le moins bien classé va être à 12-13 km/h.

C.W.: Le rythme est-il toujours régulier ?
P.C.: Ce sont des courses de fond où il y a la possibilité d’accélérer sur la fin du parcours en général. C’est stratégique, mais une seule fois, c’est comme le cyclisme. Il y a une accélération ou deux dans un virage à l’alpe d’huez, après c’est fini, il ne faut pas se tromper d’endroit.

C.W.: Est on toujours à la même allure ?
P.C.: C’est le cavalier qui choisit l’allure, mais pour ternir 20km/h de moyenne, c’est forcement au galop. On pourrait le faire au trot, mais ce n’est pas une allure économique donc pas utilisé.


C.W.: Depuis le début des concours, comment le train a-t-il évolué ?
P.C.: Depuis une quinzaine d’années, les records des courses n’ont beaucoup évolués par contre ce qui a beaucoup bougé, c’est la quantité de gens qui courent à cette vitesse là. Avant, sur une course, il y avait un ou deux cavaliers à 20 km/h ; maintenant il y en a 10. Le niveau moyen a beaucoup progressé.

C.W.: Quel est le nombre moyen d’engagés dans une épreuve d’endurance ?
P.C.: L’année dernière, nous avions 15 courses dans l’année avec une moyenne de 90 partants. Cette année, il y a 10 courses de plus (le nombre de cavalier d’endurance n’a pas augmenté sensiblement), le nombre moyen d’engagés va tomber autour de 60-65 partants.

C.W.: Comment ont commencé les courses d’endurance ?
P.C.: Au départ, ce sont les militaires qui ont monté les premières vraies courses avec Bruxelle- Austand en 1903, et après il y a eu Paris-Deauville, Paris-Rouen, puis c’est tombé en désuétude au moment de la guerre et entre les deux grandes guerres. C’est revenu à la surface aux Etats-Unis dans les années cinquante sur une route des pionniers, en Australie, un petit peu en Espagne où régnait une tradition de course dans les grands domaines entre les propriétaires terriens. Après dans le reste de l’Europe, c’est à partir de la fin des années soixante que l’endurance est réapparue. A partir de là, on peut distinguer trois périodes :

  • Les années 80-90 : les années « aventures », remise au goût du jour, découverte avec toutes les expérience (y compris les plus tragiques)
  • Années 90-2000 : c’est devenu un vrai sport avec ses codes, ses écoles, une pensée sportive et ce n’est plus seulement une affaire d’aventuriers et de feu de camps.
  • Années (98)-2000 : le professionnalisme arrive, des gens s’installent pour vivre de l’endurance. A l’heure actuel, en France, il y a 15 000 chevaux en compétition et 6000 compétiteurs ; un trentaine de grosses écuries de professionnels (commerce et entretien)

 

C.W.: Y a-t-il un équipement propre à l’endurance ?
P.C.: Pas pour moi, pour beaucoup de personnes oui, mais pas pour moi. Il faut monter avec la selle qui vous conviens et qui convient à votre cheval, il n’y a pas de matériel spécifique : On peut très bien monter avec une selle anglaise, ou bien mixte, entre la selle anglaise et la selle américaine qui ont emprunté aux selles d’armes.

C.W.: Et pour le cheval, y a-t-il une ferrure spéciale ?
P.C.: Non, on a fait tout un tas d’essais bien sur, avec tous les matériaux qu’on a pu utiliser, on reste très classique. C’est un sport qui use énormément, et en particulier les fers. L’essentiel, c’est de l’acier, du fer classique.

C.W.: Utilisez vous beaucoup les plaques ?
P.C.: Assez fréquemment, mais ce sont des plaques en plastiques dur qui servent de protection contre les impacts de pierres et il y a un petit effet amortissant.

C.W.: Le cavalier a-t-il un équipement spécial pour faire récupérer son cheval ?
P.C.: Non, beaucoup d’eau, des éponges, des massages, des soins…

C.W.: Quelle est la durée d’une carrière d’un cheval d’endurance ?
P.C.: Les chevaux qui font une carrière normale, c'est-à-dire qu’ils ne sont pas immédiatement envoyés très jeune sur un circuit comme au Moyen-Orient, ou ils sont cassés très vite, ils font facilement 5-6 ans de carrière, on a beaucoup d’exemple à 7- 8 ans de carrière, on a des chevaux qui ont terminé à 18 ou 19 ans, un petit peu comme au saut d’obstacle. Les premières courses commencent à partir de 7-8 ans mais en fait, ils sont solides à 9 ans. Ils commencent par le circuit jeunes chevaux, fait par la S.H.F., classique, qui ressemble aux disciplines classiques mais ce n’est pas un circuit de compétition.

 

 

C.W.: Quelles sont les catégories au niveau national ?
P.C.: Il n’y a pas vraiment de catégorie pour les cavaliers, ils ont un cursus obligatoire, une espère d’échelle à franchir, ce sont des niveaux de distance et de vitesse différente, auxquels ils doivent réussir, jusqu’à accéder à la compétition à vitesse libre. Les premiers barreaux de l’échelle c’est 40 kms à 12-15 à l’heure, au bout de 3 échelons, ils ont droit de concourir à vitesse libre et après, ils ont droit à divers niveau de vitesse libre en fonction de la réussite de l’échelon précédent. C’est assez simple, cela fait la richesse et la force de l’endurance car c’est assez simple d’accès, mais il y a aussi un inconvénient car à peu prés tout le monde peut très vite se considérer de haut niveau et c’est pas facile de gérer 800 personnes qui se croient de haut niveau, il vaudrait mieux qu’il n’y en ait qu’une centaine.

C.W.: Quel est le niveau équestre requit ?
P.C.: Il n’y a pas d’examen. Il y a quand même beaucoup de gens qui montent très bien, qui ont une éducation équestre classique, leurs divers examens, voire des enseignants.

C.W.: Pour revenir aux catégories, la plus longue course fait 160 kms, je crois…
P.C.: Oui, le plus gros échelon fait 100 miles, donc 160 kms, ce sont les circuits 3 étoiles, c’est la distance des championnats d’Europe, du monde, des jeux équestres,…puis vous avez les 2 étoiles qui représentent de 100 à 120 kms.

C.W.: A quel âge commence t-on l’endurance ?
P.C.: Les enfants doivent avoir une autorisation parentale pour concourir tous seuls à partir de 14 ans et à partir de 12 ans accompagné par un adulte.

C.W.: Quelle est la moyenne d’âge des participants ?
P.C.: Il y a 10 ans, c’était assez élevé, parce que le recrutement ce faisait surtout dans les gens qui étaient un peu rejetés par le monde équestre classique, ou qui c’étaient rejetés d’eux même et maintenant ont bascule des générations, et sur une course classique, l’année dernière, les statistiques montraient que sur 540 participants qui ont couru en 2 ou 3 étoiles il y avait 200 à 210 personnes de moins de 25 ans. Ca c’est beaucoup rajeunit et beaucoup féminisé. Notre force c’est que c’est une course, c'est-à-dire que vous êtes en concurrence directe avec les autres : c’est pas chacun son tour, vous êtes jugés sur un parcours, …etc : c’est comme une course à pied, c’est ludique : c’est basic de courir après ses petits copains à l’école… C’est ce qui a fait l’attrait, on est le seul sport équestre en compétition directe. Sur la piste, vous avez des gens devant vous, à côté de vous, derrière vous, il y a des tactiques, vous restez avec un tel ou vous allez devant, comme une course cycliste. Je crois que c’est aussi une explication.

C.W.: Quelle est l’aptitude du cavalier d’endurance ?
P.C.: Aimer souffrir. Il faut être très froid car toute une journée c’est long, on peut commettre beaucoup d’erreurs dans la gestion d’un cheval. Il faut aussi être endurant, être capable de monter longtemps à cheval : les personnes qui sont là, sont à cheval depuis sept heures ce matin, il faut qu’ils soient « fit » , bien sur, il y en a qui ne le sont pas.

C.W.: Combien y a-t-il de personne pour s’occuper d’un cheval d’endurance ?
P.C.: Il faut au minimum un cavalier et une équipe d’assistance d’au moins une personne. C’est vraiment le strict minimum. L’idéal, c’est une équipe d’assistance qui assiste le cavalier avec une voiture et deux personnes. Sachant qu’il y a des cavaliers qui ont deux voitures d’assistance et 5 personnes : c’est toujours des petites cellules comme ça.

 

C.W.: Il a-t-il une reconnaissance ?
P.C.: Sur les grands concours ou il y a beaucoup d’enjeu, on reconnaît toujours les dernières étapes car si il faut faire une différence, c’est là qu’il va falloir la faire : Dernière étape, le départ et un peu du milieu du parcours pour voir de quoi il s’agit. Mais reconnaître tout le parcours, c’est impossible : 160 kms en 2 jours, il faut une semaine …!!

C.W.: Quelle est la race de chevaux la plus utilisée ?
P.C.: L’arabe, ce n’est pas exclusif. Il peut y avoir d’autre chevaux qui réussissent (anglo, selle français,…).

C.W.: Y a-t-il une morphologie spécifique au cheval d’endurance ?
P.C.: Avec des points de force mais pas tous : Des points de force mais pas trop de masse musculaire, pas trop grand, mais il y a toujours des contre exemples évidemment : comme en saut d’obstacle il y a eu Jappeloup, chez nous il y a l’inverse.

C.W.: L’endurance fait-elle évoluer la race du cheval arabe ?
P.C.: Ca a sauvé la vie de beaucoup d’éleveurs de chevaux arabes car à l’heure actuelle, il y a peut être 4000 ou 5000 chevaux de race arabe qui courent en endurance et sinon, je ne sais pas ce qu’ils feraient…

C.W.: Il a-t-il des têtes de liste d’étalons très connus ?
P.C.: Oui, le plus illustre, c’est Persik.

C.W.: Que pensez vous de l’implication des haras dans les courses d’endurance
P.C.: Je trouve ça très bien car c’est une vraie filière avec ses débouchés et sa propre clientèle, qui s’autogére et ne coûte pas grand chose à l’état car au niveau du concours complet, sans l’aide de l’état pour bâtir des terrains de cross, il n’y aurais plus de concours complet. Et pour notre discipline, il nous faut des chemins, des balustrades, donc c’est une vraie filière, pas très coûteuse ; Les haras l’on compris très vite, ils nous ont toujours bien aidé…

C.W.: Quelle est la place de la France au niveau international ?
P.C.: Leader. Il y a deux façon de répondre :

  • sur les dix dernières années, on a remporté 28 médailles avec un grand nombre de victoires (je n’ai pas le palmarès en tête)
  • et il y a eu très vite une restructuration : ce n'est pas resté éclaté en 2 camps avec chacun son feu de camp… Dans les autres pays (Allemagne, Belgique,…) ce sont les associations qui s’occupent de gérer l’endurance et ça ne marche pas.

C.W.: Y a-il un vrai échange avec d’autre discipline ?
P.C.: A mon niveau, oui et au autres niveau, non.

C.W.: Quel impact avez-vous au niveau du public et quelle image ?
P.C.: Ont a probablement pas l’image et je dirai à l’heure actuelle, tant mieux car on est vraiment pas les rois du look et de la belle image et il vaut mieux pas qu’ils nous regardent encore.


C.W.: Qu’est ce qu’on gagne ?
P.C.: Je ne sais pas vraiment ce qu’on gagne mais cela varie entre 1000 et 3000 euros suivant les courses.


C.W.: Comment fonctionne la fédération d’endurance ?
P.C.: C’est la fédération française. Je suis salarié de la fédération française, je suis entraîneur national de la fédération française.


C.W.: Pour conclure, quel message voudriez vous faire passer aux internautes ?
P.C.: C’est une bonne question car les personnes qui pratiquent l’endurance sont des fans d’internet parce que comme on vient du Moyen âge, de l’ombre, comme tout les petits groupes, on a toujours eu besoin de communication interne avec les autres pays et il y a énormément d’activité autour de l’endurance sur internet, énormément de sites. Il existe un vrai besoin, pour nous, c’est un vrai outil de travail qui est utilisé par la base, par simplement des utilisateurs amateurs d’internet. On s’en sert vraiment très souvent par exemple pour voir où sont les courses, qui est le président du jury etc,…

   
   
   
Interview de Jean-Louis Leclerc- Vétérinaire de l'équipe de France d'endurance


CW: Quels sont les critères pour accepter ou refuser un cheval au contrôle ?
JLL: Dans les contrôles, il y a le contrôle initial qui permet au cheval de démarrer ou non la compétition, et après, il y a des contrôles pendant la compétition tous les 20, 30, 40 kms, pour observer si le cheval est capable de continuer la compétition ou pas. Parmi les critères, on a les critères que l’on appelle objectifs, ceux qui sont mesurable : la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la température,… A coté de cela, il y a les critères qui ne sont pas forcément mesurable : Une couleur de muqueuse, une répression capillaire c'est-à-dire le temps que met une muqueuse à se recolorer après qu’on l’ai comprimé, des bruits digestifs cela reste mesurable qu’ils existe ou pas mais ce n’est pas subjectif totalement, cela reste quand même non mesurable.
Parmi ces critères, il y en a qui permettent l’élimination d’un cheval : un seul vétérinaire qui éliminer un cheval sur des critères mesurable, par exemple un vétérinaire qui trouve que la fréquence cardiaque est trop élevée peut éliminer le cheval par lui-même. Par contre, une boiterie, ce n’est pas mesurable, il faut donc 2 ou 3 vétérinaires pour éliminer un cheval en fonction de ce critère. Une boiterie, c’est assez subjectif, on sait que ça boite mais jusqu’à quel degré, on ne le sait pas. C’est simple et compliqué à la fois…

CW: Par rapport aux autres discipline équestre, l'endurance est elle plus usante ou mois usante pour le cheval ?
JLL: L'endurance ne doit pas être plus usant, car on voit des chevaux de 16-17 ans qui sont vraiment dans des états fabuleux et on voit des chevaux de 17-18 ans qui courent encore 160 kms qui ont très peu de tares, tares tendineuses et ligamentaires, et qui courent très bien en équipe de France : on avait encore, l’année dernière un cheval de 16 ans qui a fait une médaille d’or à Jerez. Je pense que c’est un sport qui ne fatigue pas trop sur le point physique et physiologique, ce n’est pas un sport violent : c’est un sport de fond sur lequel on a pas d’effort violent sur les articulations.


CW: Peut-on comparer l’endurance équestre avec l’endurance humaine ?
JLL: Non, la physiologie du cheval est totalement différente de la physiologie de l’homme. Je crois que la physiologie musculaire chez cheval est vraiment différente de la physiologie de l’homme : La fatigue ne se mesure pas de la même façon, l’alimentation ne se mesure pas de la même façon car ce n’est pas du tout le même type de digestion : le cheval a une digestion bactérienne et enzymatique alors que l’humain n’a qu’une digestion enzymatique. Deuxièmement, la transpiration du cheval est un élément fondamental de l’effort, de la fatigue et ce que l’on appelle ??« isotomique » ?? c'est-à-dire que l’homme n’a pas du tout la même composition de sang : la composition des différents éléments est beaucoup moins concentrée que le sang. Par contre chez le cheval, on a la même concentration par exemple en Chlore, Sodium et Potassium dans le sang et donc quand le cheval transpire, il a des déperditions énormes en produits sanguins, énormes en électrolytes, donc, rien que ça, c’est un gros problème. Deuxièmement, le cheval transpire énormément, donc ça pose énormément de problèmes aussi car il y a beaucoup de déperdition d’eau, d’électrolytes, ce que n’a pas forcément l’homme à ce moment là. On en peut pas comparer ni la physiologie de l’effort chez le cheval, c’est 2 choses différentes.


CW: Y a-t-il une alimentation spéciale pour obtenir des efforts intenses comme ceux là ?
JLL: C’est d’autant plus surprenant qu’il n’y a pas d’alimentation spéciale, c’est une alimentation équilibrée qui correspond à l’effort de l’entraînement sans plus. C'est-à-dire que le cheval fait un effort à l’entraînement, on lui fourni l’énergie nécessaire à cet effort d’entraînement. On ne tient pas du tout compte de ma compétition et c’est le jour de la compétition que l’on nourrit en fonction de la compétition.

 

CW: Au niveau de la récupération, n’y a-t-il pas des électrolytes… ?
JLL: On donne des électrolytes le jour de la compétition, et encore s’il y a besoin : il a des chevaux qui font une course de 160 kms, qui transpirent et qui n’ont pas besoin d’électrolytes. En moyenne, le cheval peut perdre 10 à 15 litres de transpiration par heure, ils vont travailler pendant 8 à 10 heures, ils vont donc perdre 150 litres de sueur dans lesquels ont peut dire qu’il y a 8 grammes de sels : 120 grammes de sels perdus. On ne les compense pas et ils arrivent à tenir comme ça. Les meilleurs chevaux on a même pas besoin de compenser : c’est encore un grand mystère.

CW: Quelles sont les boiteries les plus fréquentes chez le cheval d’endurance ?
JLL: Les boiteries principales sont sur les boiteries basses : le paturon, le boulet et il y a tous les petits problèmes musculaires qui peuvent se greffer par-dessus.

CW: Le terrain a-t-il une importance fondamentale sur une course au niveau des boiteries, y a-t-il des terrains qui rendent les chevaux plus boiteux que d’autre?
JLL: Il n’y a pas de terrains qui rendent les chevaux plus boiteux que d’autre s’ils sont bien entraînés : c’est un problème d’entraînement. Si le cheval a eu un entraînement adéquat, il ne boitera pas plus sur un terrain que sur l’autre. Ceci dit, sur les cailloux, on aura plus de boiteries articulaires, et sur du sable, on aura plus de boiteries tendineuses.

CW: Les terrains d’endurance sont-ils variés (herbe, sable,…) ?
JLL: Ils sont variés, l’endurance c’est tous types de terrains avec du dénivelé, pas de dénivelé. On peut très bien avoir une course dans le désert avec les dunes, dans le Canzas avec de la plaine et des canyons, on peut avoir une course à Floirac où on va avoir de la montagne : Tout ça est de l’endurance, le cheval doit être capable d’assurer tout.

 

CW: Quelles est la qualité première d’un vétérinaire d’épreuve ?
JLL: L’intuition. L’intuition qui repose sur l’expérience de base dans laquelle il faut prédire la possibilité d’accident. C'est-à-dire qu’en fonction de l’examen du cheval, il faut que le vétérinaire soit capable de dire que ça ne va pas aller et il faut arrêter le cheval et là, c’est l’expérience qui joue, donc il faut avoir une bonne formation en médecine équine et chirurgie équine et après il a l’expérience de quelques années (il faut quand même pas mal d’années).

CW: Y a –il des formations spéciales pour former les vétérinaires d’endurance ?
JLL: Les vétérinaires se forment sur les petites épreuves, ils commencent sur les 20-30-40 kms et a 90 kms ils sont souvent accompagnés d’un vétérinaire plus expérimenté c'est-à-dire suivit de prés pour pouvoir être libéré dans ses jugements.

CW: Les cavaliers ne doivent pas toujours être d’accord avec vous, comment cela se passe t-il ?
JLL: Si on est sûre de soi, si on est sûre dès qu’on a l’expérience, le cavalier le sent et la décision est très vite admise. Si le cavalier sent qu’il y a une faille : C’est une catastrophe, c’est sûre. C’est pour cela qu’il faut une bonne expérience pour pouvoir dire au cavalier que le cheval n’est pas apte à partir ou repartir, ils l’admettent car ils sont très brillants, il ne faut pas croire, ils ont une bonne expérience du cheval aussi. Le plus dramatique c’est de dire que, sur le plan physiologique, que le cheval n’est pas clair. Il faut avoir le courage de le dire, il faut que le cavalier sente qu’on est sûre de soi.

CW: Sur une épreuve comme celle là, avec 70 partants, combien y a-t-il de chevaux arrêtés avant la fin ?
JLL: En moyenne, il n’y a que la moitié des chevaux qui arrivent. Il peut y avoir que 30% de chevaux à l’arrivée car il faut évacuer les chevaux de la course avant qu’il n’y ai d’accident.

CW: Comment vont les chevaux de l’équipe de France ?
JLL: Nous sommes en train de les sélectionner, on en a beaucoup, l’année dernière, on avait 7 chevaux pour en tirer 6 et cette année, on en a déjà 14 pour les jeunes et 10 pour les adultes. Pour la sélection, ça va être très difficile. C’est le travail de Pierre Caze mais je suis là pour le conseiller, apporter ma conviction mais la décision finale reste entre ses mains, et étant donné le qualité de l’ensemble des chevaux vus aujourd’hui, ça va être un gros problème.

CW: Quelles sont les échéances à venir pour l’équipe de France ?
JLL: La première échéance, c’est le championnat d’Europe adultes en Irlande à côté de Dublin vers le 21 septembre suivi, la semaine d’après par les championnats du monde des jeunes à Rome.

   

Pour en savoir plus sur cette journée à Lacanau, retrouver les résultats et toutes les informations officielles sur www.medocendurancelacanau.com

   
   
   

 

 


Page crée le 20/03/2007 Dernière modification effectuée le Vendredi 10 février 2012




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