Juan Diego Trevijano:39 ans, originaire de Madrid et installé au Portugal. Il est écuyer et cavalier de concours hippique ;il s'occupe également de commerce de chevaux.

CHEVAL-WEB : Quelle est votre première passion : le dressage ou le CSO ?
Juan Diego Trevijano : Ma première passion est l'art équestre. Le dressage de nos jours est réservé au dressage de compétition. J'ai fait du CSI depuis longtemps, Je souhaite maintenant aller plus loin dans l'équitation, c'est pour cela que je m'intéresse à l'art équestre. En CSO, j'ai fait deux championnats d'Europe junior, deux championnats d'Europe jeunes cavaliers, deux championnats d'Europe senior, un championnat du monde, les Jeux Olympiques et une finale de coupe du monde où j'étais 10 ème . J'ai fait un peu le tour du CSO et c'est depuis les 10 dernières années que je me consacre à la pratique de l'art équestre.
CHEVAL-WEB : quelle est la différence entre le dressage et la haute école ?
Juan Diego Trevijano : la haute école, c'est le dressage parce que l'on considère comme haute école des mouvements comme le piaffe, le passage, les pirouettes au galops, les changements de pieds rapproché jusqu'au temps (changement de pied à chaque foulée). Moi je différencie art équestre. On recherche avant tout la légèreté du cheval. Le dressage, il y a des règles, on doit faire certaines choses, l'art équestre n'a pas de limite. Les exercices que je pratique sont des exercices qui ont été créés au XIXème siècle par un écuyer fondamental François Baucher et ses disciples comme Beudant, Rul, Fillis, le général L'Hotte. Avec l'évolution et l'apparition du sport en dressage, on s'est restreint à certains exercices et oubliés d'autres. Ce qui me passionne est de reprendre ces exercices oubliés et étudier cette équitation traditionnelle.
CHEVAL-WEB : présentez-vous ce spectacle uniquement à Chalais ?
Juan Diego Trevijano : En fait, je fais une petite tournée : Royan, Brive et Chalais. C'est la deuxième année consécutive que j'effectue cette petite tournée.
CHEVAL-WEB : Comment se fait la préparation du cheval avant un spectacle ?
Juan Diego Trevijano : Le cheval travaille les jours précédent le spectacle, je travaille les exercices sur lesquels j'ai besoin d'un retouche, pas tous, parce qu'on ne peut pas accablé le cheval en répétant toujours et encore. Il faut savoir choisir et garder à l'esprit l'intérêt du cheval.
CHEVAL-WEB : que retiendrez-vous de l'édition 2004 de ce concours de Chalais.
Juan Diego Trevijano : L'accueil est très bon, le terrain est meilleur. Bien que le château a un cadre magnifique, je préfère la piste de cette année car plus grande.

CHEVAL-WEB : La présence de races de chevaux de haute école dans l'élevage espagnol a-t-il contribué à faire de l'Espagne une grande nation de haute école ?
Juan Diego Trevijano : Ce que l'on appelle cheval espagnol est en fait le cheval ibérique. Le cheval espagnol a été le fondement de l'art équestre depuis le XVIème siècle. L'art équestre est né grâce qu cheval espagnol. Au royaume de Naples qui était conquis par le roi Ferdinand, le catholique, avec des chevaux espagnols. C'est à partir de là que la science de l'équitation est née. Les italiens ont vu chez chevaux gagnant dans la bataille par leur mobilité et leur légèreté, leur rapidité, ils ont essayé de donner à leurs chevaux napolitains, plus lourds, cette même légèreté. C'est comme ça qu'est né le rassemblé, base de la haute école. Au 17 ème et 18 ème siècle, les chevaux de cours avec le roi Louis XIII et Louis XV, avec les écuyers Pluvinel et La Guérinière étaient tous des chevaux espagnols. Le fameux cheval de Nestier est Florido, celui de Pluvinel s'appelait Bonito. Le cheval ibérique a toujours été aidé l'école andalouse à se montrer dans le monde. Au XIXème siècle, une mode est apparue, l'anglomanie (l'importation de pur sang anglais due à la chasse à courre et aux courses), à ce moment là, les chevaux péninsulaires ont un peu disparu. De nos jours ils reviennent grâce à l'école andalouse d'art équestre.
CHEVAL-WEB : Pourquoi la France n'est plus une référence en matière de haute école ? Quel virage n'a-t-elle pris ?
Juan Diego Trevijano : La France est une référence. Lorsque je pratique l'équitation, j'essaie de pratiquer l'équitation française. J'entends par équitation française, une équitation discrète d'aides, avec un cavalier bien assis et un cheval léger. Ce sont les marques de la haute équitation.
Je pense que l'école française a voulu se rapprocher de l'école contemporaine allemande, celle qui est bien ponctué dans les carrés de dressage. Les français auraient du garder leur équitation à la « Baucher », « De Carpentry », . au lien de sacrifier ces principes pour s'adapter à une mode. La France est la plus grande nation équestre qu'il n'y ait jamais eu. 90% des écuyers les plus important au monde sont français.
CHEVAL-WEB : Est-ce la tauromachie qui a permis de sauvegarder les principes de haute école espagnole ?
Juan Diego Trevijano : C'est surtout au Portugal que la tauromachie à cheval s'effectue. Les chevaux doivent être rassemblés, légers, la main ne doit pas agir. Le cheval doit être travaillé avec l'assiette et les jambes du fait du maniement des banderilles. Tout cela a permis, c'est vrai, de conserver la tradition. |