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la rencontre de Jean-Maurice Bonneau, entraîneur de l'équipe
de France |
Entraîneur de l’équipe
de France de C.S.O. (saut d’obstacles) depuis 2000, Jean-Maurice
Bonneau est avant tout un meneur d’hommes, un chef d’équipe.
Il s’attache à tenir compte de la liberté
de chacun tout en respectant celle du groupe, et travaille beaucoup
sur la préparation mentale de ses cavaliers. De retour
de Donaushingen (ALL), où les Français ont obtenu
le titre de Vice-Champion d’Europe, nous avons rencontré
un homme très déterminé à faire
gagner son équipe. Tout en poursuivant la saison, il
nous parle d’un concours
qu’il affectionne tout particulièrement, celui
qu’il nomme le " concours récompense ",
le CSI
de Paris.
Quelle place occupe le C.S.I. de Paris dans le cœur
des professionnels et notamment de l’équipe de
France ?
C’est un des grands rendez vous de l’année
qui fait partie des concours clés comme La Baule, Cannes,
Bordeaux… Mais il possède deux petits " plus
" : il se passe à Paris et fin novembre. Il est
ainsi une véritable récompense des cavaliers qui
ont bien tourné cette saison et qui souvent y terminent
l’année.
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Qu’apporte-il de plus ou de différent au
niveau sportif et technique ?
Tout d’abord, c’est un C.S.I. de haut niveau avec
un Grand Prix de qualité. Les parcours dessinés
par Serge Houtman sont toujours faits de façon à
ce que le meilleur gagne, la piste en sable fibré (mélange
de sable et de fibres permettant une meilleure dynamique sous
les pieds des chevaux) est très bonne, les obstacles
sont originaux, colorés, bien faits, et enfin c’est
un honneur pour l’équipe de France de monter devant
son public. Être à domicile est bien sûr
plus motivant. En réalité, c’est un des
rares rendez-vous où les spectateurs sont physiquement
très proches de la piste, (il n’y a pas de contre-allée
qui sépare le terrain des gradins). L’ambiance
yest très électrique, le sport s’apparente
totalement à du spectacle, et c’est surtout cela
qui rend le C.S.I. de Paris exceptionnel.
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“Le C.S.I. de Paris est
le concours “récompense”
et l’objectif est clair : gagner !”
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Vous parliez
du parcours… pour les néophytes, cela semble logique
que le meilleur gagne… Pouvez-vous nous expliquer ?
En effet, c’est techniquement assez subtil. Pour moi,
un bon chef de piste est celui qui fait gagner le meilleur.
Serge Houtman construit de bons parcours qui demandent de l’habileté
et de la légèreté plus que de l’endurance
ou de la force. Il "piège " les cavaliers,
pas les chevaux. Nous avons la même vision du C.S.O. dans
la mesure où je privilégie le cheval capable de
répondre dans l’instantanéité à
la demande de son
cavalier. Ce qui fait un très bon cheval, c’est
sa disponibilité et sa confiance envers son cavalier.
Face à une difficulté sur
un parcours, ce dernier a plusieurs choix et il optera pour
celle qui conviendra le mieux à sa monture.
Revenons au sport- spectacle, ce concours est-il le
genre de manifestation hippique qui attire des spectateurs néophytes
?
Tout à fait, c’est le concours idéal pour
un public qui découvre la compétition équestre.
L’année dernière était une année
d’anthologie qui a vu la consécration d’Olivier
Guillon sur
Baladine du Mesnil. On se souvient d’un vrai moment de
suspens, de grand sport, et de spectacle apprécié
aussi par un public non connaisseur. Les spectateurs retenaient
leur souffle, applaudissaient, on les voyait porter les concurrents,
ils étaient tous sur le cheval en train de sauter les
barres ! Et que l’on monte ou non à cheval, c’est
un très bon souvenir. |
Qu’attendez vous
d’un rendez-vous comme celui-ci ? Dans
quel état d’esprit arrivez-vous avec votre équipe
?
En vainqueur. L’objectif est de gagner !
Les engagements sont limités, comment allez vous
faire votre
sélection ? Vous êtes-vous déjà fait
un programme afin d’affiner
votre choix ?
C’est vrai qu’il y a plus de demandes de la part
des cavaliers que de places disponibles, et il est toujours
difficile de dire non. Mais je choisis en priorité ceux
qui ont fait une bonne saison, c’est aussi l’occasion
pour eux de remercier le public français de les avoir
soutenu jusque là, d’inviter leur(s) propriétaire(s)
qui aime(nt) venir à Paris, et de remercier leurs partenaires
présents au Salon du Cheval.
Pouvez-vous déjà nous dire quels cavaliers sont
pressentis
pour participer au concours ou alors, quels sont les espoirs
français ?
Je n’ai pas établi ma liste. Sans me prononcer
officiellement, les cavaliers Vices-champions d’Europe
seront présents, Michel Hécart, Michel Robert
, Reynald Angot, Florian Angot, Eric Levallois, mais il y aura
certainement aussi Eric Navet , peut-être Olivier Guillon,
Gilles Bertran de Balanda…
Tout dépendra aussi et surtout de la forme de leurs chevaux.
Ce qui est difficile dans le C.S.O., c’est qu’il
faut gérer deux athlètes, le cavalier, mais aussi
le
cheval ! |
Ce Grand
Prix est-il l’occasion pour des cavaliers de " sortir
" de jeunes montures ?
Pas vraiment. Il est vrai que le programme est tel que les cavaliers
peuvent amener 3 chevaux. Le paddock de détente n’est
pas très grand, il y a beaucoup de bruit, les spectateurs
sont très présents, applaudissent beaucoup, sont
proches de la piste comme je l’ai déjà dit
et il ne faut pas de chevaux émotifs, mais des montures
déjà bien aguerries. De toute façon, ma
sélection des cavaliers se fait à partir de leurs
chevaux de tête, libre à eux ensuite d’amener
un ou deux chevaux de plus.
Une fois votre sélection faite, votre rôle d’entraîneur
est-il aussi important que lorsque l’on part à
l’assaut de la Coupe du Monde ou d’Europe?
Il est tout aussi important, mais ce n’est pas la même
chose. Le C.S.I. est une compétition individuelle. Je
n’entraîne donc pas une équipe mais plusieurs
cavaliers individuels qui la composent. Ainsi, je n’organise
pas de séjour de préparation collective comme
je l’ai fait à Saumur avant les Championnats d’Europe,
mais je suis très présent : des choix techniques,
aux reconnaissances de parcours jusqu’à l’entrée
en piste où je leur donne les derniers conseils… |
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L’équipe
de France est Championne du Monde pendant 4 ans ? Est-ce un
" plus " pour le sport équestre ?
Oui, c’est vrai et l’équipe l’a bien
mérité, car ce n’est pas un exploit, mais
bien le résultat d’un véritable travail
collectif. Et au delà des médailles, nous devons
avoir le comportement qui va avec.
Récemment aux Championnats d’Europe, un journaliste
suédois est venu nous féliciter de notre médaille
d’argent. Cela lui faisait plaisir de voir l’équipe
de France sur le podium car nous étions heureux et nos
visages débordaient de bonheur. L’Allemagne avait
été la meilleure nation, mais était moins
démonstrative… Yannick Noah disait : "pour
gagner, il faut être heureux", c’est une devise
que j’ai fait mienne.
L’équipe organisatrice du C.S.I. de Paris
a choisi d’associer la cause de l’autisme au sport
équestre. Que pensez vous de cette initiative ?
Il est vrai que le cheval est un animal extraordinaire pour
les personnes handicapées aussi bien physiques que mentales.
Il y a entre eux un type de communication qui nous dépasse
parfois. Tout se fait avec l’instinct, le toucher ...
La pratique de l’équitation leur offre une relation
privilégiée avec l’animal et cela fait souvent
progresser les enfants dans la voie d’une certaine guérison
ou d’ une certaine autonomie. Je ne peux que soutenir
ce genre d’action, étant personnellement concerné
par l’autisme à travers un membre de ma famille. |
Curriculum Vitae
Né le 15 mai 1959
Marié – 3 enfants
Septième d’une famille de 8 enfants dont les parents
sont agriculteurs, l’entraîneur de saut d’obstacles
de l’équipe de France débute la profession
comme soigneur en 1980. Il accède à la 1ère
catégorie dans la discipline du saut d’obstacles
en 1985 et participe à sa première Coupe des Nations
en 1987 avec Nashville III.
Ses Performances sportives:
1995 : Médaille de Bronze par équipe au
Championnat d’Europe à Saint-Gall (SUI)
avec Urleven Pironniere
1996 :
- 9ème du Grand Prix Coupe de Monde
Volvo du C.S.I.-W à Bordeaux avec Urleven Pironniere
- 1er du Grand Prix au C.S.I. de Royan avec Urleven Pironniere*
Vendeen
- Médaille de Bronze Jeunesse et Sports.
2002 : Entraîneur national aux Jeux Equestres
Mondiaux à Jerez de la Frontera (ESP) (Médaille
d’or pour l’équipe de France et Médaille
d’argent en individuel pour Eric Navet). |
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L’Equipe de
France
est
Championne
du Monde
de saut
d’obstacles
à
Jerez de la
Frontera
(Esp)
juillet 2002
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